Mercredi, Octobre 18, 2017
   
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Le changement ...

 

Hollande
Avec l'aimable autorisation de l'auteur

... et bien, c'est pas pour maintenant !

Sempiternellement les mêmes recettes usées jusqu'à la corde, le même recours à l'impôt, aux taxes et aux prélèvements. L’État est obèse, pléthorique, dispendieux, irresponsable et, bien que cela fasse des dizaines d'années qu'on le sache, que la Cour des comptes le dise et le répète sans cesse, confirmant s'il en était besoin les rapports Pébereau en 2005 et Attali en 2010, au lieu de prendre nos problèmes structurels à bras le corps, on va comme d'habitude au plus simple, au plus pressé et au plus démagogique.

Le clientélisme, à la fois électoral et syndical, n'en finit pas d'être érigé en mode de gestion de l'économie en lieu et place d'une saine gestion des deniers publics. Des réformettes, un saupoudrage d'aides, de redistributions et d'embauches d'emplois artificiels, à défaut d'être fictifs, et donc financés par de nouveaux impôts. Cet éternel procédé qui consiste à donner, d'une main, ce que l'autre ne pourra bientôt plus prendre faute de pouvoir trouver encore des "riches" auxquels on pourra faire les poches...

Au sein, au moins, de l'une des plus célèbres chaine de fast food, il existe un tableau honorifique, près des caisses, celui de l'Employé du mois, je propose de s'en inspirer et de créer le statut enviable du "Taxeur du mois" afin de récompenser celle ou celui qui aura levé la taxe à laquelle personne, jusque là, n'avait encore pensé.

Il est évident que l’État a des engagements auxquels il doit faire face, c'est certain, mais il devrait enfin se pénétrer de l'idée que les Français ont, également, leurs propres engagements et qu'ils aimeraient pouvoir y répondre et pouvoir investir et songer à leur avenir sans se demander, chaque beau matin, à quelle sauce ils pourraient bien être encore mangés ou quelle règle du jeu va encore changer en cours de partie.

Tout ceci est d'autant plus curieux, pour ne pas employer de pire qualificatif, qu'après la Commission européenne et la Cour des compte, l'Inspection générale des finances, à Bercy, a rendu un rapport commandé à l'automne 2011, par François Fillon lui-même, afin d'identifier les leviers d'action qui permettraient de faire, également, contribuer l’État au redressement des comptes publics. Finalisé en pleine campagne électorale, donc en période dite "de réserve", ce rapport de 122 pages, au titre évocateur de "Maîtriser les dépenses de l’État", ne fut pas rendu public mais en juin 2012, donc au moment de s'atteler à la préparation du budget 2013, la nouvelle équipe gouvernementale l'avait fatalement entre les mains.

"La réforme de l’État faite par l’État ? Vous rigolez ! Autant demander à un cancer le choix du traitement..."Il est à la fois riche d'enseignements, comme on le dit si bien en termes journalistiques, mais il est surtout, et une fois de plus, la confirmation de ce que l'homme de la rue pressent instinctivement, surtout s'il s'est déjà trouvé à "découvert" à la banque, à savoir que la priorité est de faire porter l'essentiel des efforts sur la réduction des dépenses. Les auteurs de ce rapport enfoncent le clou en insistant sur le fait qu'une « trajectoire de retour à l'équilibre qui reposerait essentiellement sur une hausse des recettes singulariserait la France et serait contradictoire avec les efforts visant à améliorer la compétitivité de son économie et le pouvoir d'achat des ménages. »

Il est difficile d'être plus clair mais il est également difficile de ne pas constater, avec un an de recul, à quel point cette préconisation, pourtant de simple bon sens, fut allègrement et aussitôt piétinée. De plus, et en fonction du taux de la croissance à venir, plusieurs modèles économiques restaient retenus dont celui pérennisant la stratégie du précédent gouvernement qui visait principalement, pour les trois quarts, à agir sur les dépenses publiques en réalisant une économie de 56 milliards d'Euros et, pour les seules dépenses de l’État, 21 milliards et ceci entre le rendu du rapport et 2016, soit quatre ans.

Ne vous réjouissez pas trop vite, rien de tout cela ne signifiait que nous allions, enfin, vers une bénéfique et salvatrice réduction des dépenses de l’État, soit environ 365 milliards d'Euros par an, non pas vraiment, mais que celles-ci verraient leur progression réduite de ... moitié !

L'Inspection générale des finances envisageait un autre scénario et, hasard ou logique économique, il recoupait le calendrier du Parti Socialiste consistant à reporter l'équilibre économique à l'horizon 2017. Un report qualifié de judicieux par l'IGF en cas de reprise peu "vigoureuse" et qui ramenait l'effort d'économies concernant les seules dépenses de l'Etat à 3,9 milliards au lieu de 5,3 milliards par an dans le scénario précédent. Et même moins encore, à écouter le Parti Socialiste, puisqu'il entendait, lui, faire porter les efforts pour moitié sur les recettes et pour moitié sur les dépenses...

"Y'a qu'à... faut qu'on..."

Ce n'est pas si simple que cela, détrompez-vous, car même en laissant de côté, par exemple et parce qu'elles sont pratiquement incompressibles, la charge de la dette ou les diverses dotations à l'Europe, les économies à réaliser par rapport à l'évolution tendancielle représentaient, en 2012, une baisse de 8% pudiquement nommé "taux d'effort" des autres dépenses ! Un niveau considérable car les leviers identifiés sont socialement, syndicalement et électoralement particulièrement sensibles, surtout à quelques mois des municipales, puisqu'il ne s'agit rien moins que de la baisse du nombre de fonctionnaires, le gel de leur salaire et/ou celui de leur avancement, le gel des pensions, le réexamen des dépenses d'intervention c'est à dire les diverses et multiples prestations et subventions etc..

Milliards d'Euros Leviers d'actions envisagés en 2012
3,2 Baisse de 2% par an des dépenses d'intervention.
1,2 Gel des promotions.
0,9 Non remplacement d'un départ à la retraite sur deux.
0,7 Gel des retraites.
0,7 Opérateurs de l’État : effectifs - 1,5% et dépenses de fonctionnement - 2,5%.
0,6 Désindexation des prestations.
0,5 Gel du point de la fonction publique.
0,5 Baisse de 2,5% des dépenses de fonctionnement de la Défense.
0,4 Gel des investissements militaires.
0,3 Baisse de 2,5% des dépenses de fonctionnement de l'administration.

A côté de ces leviers structurels, sur les 57 milliards d'Euros de dépenses d'interventions, soit ce que rapporte en gros l'impôt sur le revenu, une dizaine d'entre elles pèsent pour moitié.

En commençant par les prestations d'ordre social, l'allocation adulte handicapé pèse 7,5 milliards, les diverses aides au logement pèsent 5,6 milliards, les retraites de la SNCF pèsent 3,4 milliards, les prestations aux anciens combattants pèsent 3 milliards et, pour finir, les bourses aux étudiants pèsent 1,7 milliard.

Si, maintenant, nous tournons le regard du côté des subventions, on découvre que le Réseau Ferré de France nous coûte 2,5 milliards, les contrats aidés, eux, 1,8 milliard, l'assistance éducative, elle, 1,5 milliard, le Fond européen de développement, lui, 900 millions et l'hébergement d'urgence, pour finir, quelques 600 petits millions. Tout ceci, bien sûr, par an et fondé sur des chiffres d'il y a un an. Il est croustillant de noter que si nous n'avions pas cette foutue dette dont les seuls intérêts sont équivalents, à la louche, au montant de l'impôt sur le revenu et toutes choses étant égales par ailleurs, nous serions un "paradis fiscal" faute de voir celui-ci encore nécessaire. Par ailleurs, et pour rester dans la même ligne, même en étant "solidaires" des actions de nos chers cheminots, il est bon de noter que 5,9 milliards d'Euros, soit plus de 10%  du montant de notre impôt, contribuent à entretenir les rails de leurs petits trains tout autant que le "train" de vie de leurs vieux jours...

Certes, quelques petits "bouts de chandelles" pouvaient encore être grapillonnés, par çi par là, sur les dépenses de fonctionnement mais les marges de manœuvre apparaissaient déjà, il y un an, comme très faibles. Bref des choix difficiles et qui ne concernent que des sujets qui fâchent !

Pris au piège des promesses.


"Tous les scénarios étudiés sur la croissance et la répartition de l'effort entre dépenses et recettes conduisent à la nécessité d'engager d'importantes réductions des dépenses de l’État sur la durée de la prochaine mandature. L'Etat devra donc mobiliser une large palette de leviers portant sur l'ensemble des dépenses."

I.G.F., Bercy, 2012.

Il ne fait aucun doute qu'entre les promesses de campagne qui vont [allaient] depuis la création des 60.000 postes dans l'éducation nationale, les contrats "aidés", de "génération" ou, encore, "d'avenir" jusqu'aux 750.000 personnes supplémentaires ( 400.000 nouveaux bénéficiaires de la CMU-C et 350 000 de l’ACS ), de bénéficier d’une aide à la complémentaire santé en passant par toutes les hausses directes de prélèvements ou de multiples suppressions d'abattements fiscaux et la hausse, qu'il ne faut pas oublier, de la TVA au premier janvier 2014, je ne peux pas encore dire qui, de l'Inspection générale des finances ou du gouvernement, aura raison.

Mais je reconnais avoir quelques doutes. Gardant très présentes à l'esprit les promesses électorales mirobolantes de François Mitterrand en 1981 et surtout les funestes conséquences économiques parfaitement prévisibles de celles-ci dès 1983, j'aurais une certaine propension à m'exprimer à la façon des enfants ... "l'équilibre des comptes ? Même pas en rêve !"

Tant que, face à la compétition internationale, nous resterons arcboutés sur un "modèle social" qui privilégie la redistribution voire, parfois même, la simple "distribution", au détriment de la compétitivité et de la productivité qui la conditionne, nous n'en sortirons pas mais, ce qui est absolument certain, c'est qu'en persistant dans une telle direction, nous continuerons inlassablement à fabriquer du chômage, des délocalisations, des faillites, de la pauvreté sans oublier l'exil qu'il soit fiscal, entrepreneurial ou de diplômés brillants, alors qu'ils sont le sont à nos frais, bref de ceux dont on a le plus grand besoin, tout en feignant de ne pas très bien comprendre pourquoi.

Le fou qui se tape sur la tête.

Tout le monde connait la vieille histoire de ce fou qui, avec un marteau, se tape mécaniquement sur la tête et qui, à la question de savoir pourquoi il fait ça, répond, avec une logique imparable, "vous n'imaginez pas à quel point cela me fait du bien lorsque j'arrête". Et bien, même avec beaucoup d'objectivité, je reconnais avoir beaucoup de mal à ne pas penser à cette histoire lorsque j’entends parler de "Pause fiscale" d'autant que le mot pause ne signifie rien d'autre qu'une nouvelle forme de "ni... ni...", c'est à dire ni augmentation ni diminution, alors que la France active a le plus urgent et vital besoin de cette dernière.

Quelle est la question, finalement ?

Elle n'est, à l'évidence, pas de savoir ce qu'il faut faire, ça, on le sait tous, mais comment le faire. Comment, en effet, concilier redistribution "socialiste" et promesses électorales avec une efficacité économique qui permette de le faire sans, d'un côté, tuer la poule aux œufs d'or ou, plutôt, ne pas voir celle-ci quitter le poulailler Français ni, de l'autre, voir les "pouvoirs intermédiaires", syndicaux, administratifs ou autres défiler dans la rue et bloquer le pays puisqu'il n'en n'a manifestement plus les moyens ?

Choc de "simplification", c'est bien, choc de "compétitivité", c'est mieux et même si, en laissant de côté certaines autres décisions et orientations, tout ceci part d'un bon sentiment et va indiscutablement dans le bon sens, je me demande si la meilleure méthode ne serait pas, après tout et tout simplement, de faire ce que j'espérais, d'ailleurs, de Sarkozy en 2008 à savoir mettre les chiffres sur la table, les vrais, à seule fin de prendre le Peuple à témoin et d'être à même de lui poser la seule question qui vaille : "on continue... comme ça... ou on réforme ?"

J'ai une confiance absolue dans la "force invincible du portefeuille", celle qui l'emporte, sans coup férir et haut la main, sur l'idéologie et les syndiqués à l'égard même de syndicalistes qui, bien souvent et par jusqu'au boutisme, les ont envoyés dans le mur ! Si le Parti Socialiste devenait, par nécessité économique, un authentique parti libéral "social" misant sur une saine et véritable concurrence profitant, finalement, aux plus modestes, ce qui ferait de lui le seul véritable en France... je reste cohérent dans ma démarche... je prends ma Carte et ce sera, concernant un Parti Politique, la toute première de ma vie.

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