Mercredi, Juin 28, 2017
   
Taille

Recherche

Pendant la Crise, les Affaires continuent.

 

pantheon cahuzac

 

 
A ce niveau d'énormité, de cynisme, d'hypocrisie et de mensonge, une telle affaire ne pouvait figurer qu'à la rubrique du "Panthéon des sottises" même si, avec un tel tableau, nous franchissons gaillardement le niveau de la simple sottise pour commencer à flirter avec l'Affaire d’État.
 
Tant qu'un cordon sanitaire autour du Président de la République et des "éléments de langage" bien choisis parviendront à entretenir l'idée qu'il ne s'agit que de la faute individuelle d'un homme, tout ira à peu près bien mais si, par malheur, il s'avérait ne pas être le seul à fréquenter le secret des Banques Suisses ou d'autres paradis fiscaux ou bien encore que certains, au sommet de l’État, auraient eu vent de ces quelques petits millions d'Euros baladeurs sans en tirer immédiatement les conséquences adaptées, la France entrerait alors dans une authentique Crise de Régime.
 
Que le premier Français qui n'a pas omis, par pure distraction, quelques picaillons sur sa déclaration de revenus, que le premier Français qui n'a pas cherché le moyen astucieux de mettre un peu d'argent "à gauche", sans allusion politique aucune, ou que le premier Français qui n'a pas rêvé d'un passeport Monégasque lui jette la première pierre mais, dans un tel cas, ce ne sera toujours qu'à la mesure de ses moyens, une fraude petit bras, une dissimulation de gagne-petit ou bien, encore, un montage financier de vulgaire bricoleur.
 
Impardonnable, c'est évident, mais nous ne sommes pas, nous, tout à la fois un Docteur Jeckill, Ministre du Budget... et un Mister Hyde de l'évasion fiscale.

Tartuffocratie ou culte de l'Omertà ?

Un joyeux cocktail des deux...

Que ce soit dans cette toute dernière affaire ou celle, moins grave pour l'image de la Politique, qui a concerné Dominique Strauss-Kahn, il semble clair que pratiquement tout le monde était au courant mais que les Socialistes, pour ce qui concerne ces deux exemples, ont poussé des cris d’orfraies tout en se drapant dans leur dignité à la seconde même où l'un des leurs s'est trouvé dans la tourmente. Je me souviens encore de Michel Rocard disant, à propos de DSK, que c'était un "malade" mais j'ai aussi en tête la réponse de Laurent Fabius rappelant vertement au premier qu'il n'était pas médecin. On se souvient, tous, de la suite des événements !

Aux premiers frémissements de la plus petite éventualité d'un scandale, et à l'image de l’Église lorsqu'elle se trouve confrontée à une affaire de pédophilie, notre classe politique, tous bords confondus, commence d'abord par faire le gros dos et nier en bloc, souvent même et très paradoxalement, plus encore que le  principal intéressé. Mais à la seconde même où il devient impossible de défendre l'indéfendable, tous les ex-avocats procéderont à un lynchage en règle de celui qui avait auparavant, et par définition, leur indéfectible confiance.

Esprit de Corps, sans aucun doute dans un premier temps, mais volonté, ensuite, de se dédouaner et de se refaire une virginité en jouant les Saint-Just. Deux attitudes aux antipodes l'une de l'autre et finalement tout aussi excessives, mais qui ne parviendront pas à éviter que le mal soit fait et que l'ensemble de la classe politique s'en trouvera, une fois de plus, discréditée aux yeux du peuple et confortera, à ses yeux, la notion, pourtant parfaitement injuste, d'un "tous pourris" si utile aux extrêmes.

Citoyen... La Révolution, on la fait débuter Case 1789 ou tout de suite Case 1793 ?C'est à l'ensemble de notre écosystème politique qu'incombe le soin de balayer devant sa porte pour redonner à l'action politique toute sa noblesse et à ses acteurs toute leur respectabilité. Il y a manifestement urgence, maintenant, après avoir remis ce coup de balais à de nombreux lendemains successifs, car si, par malheur, le Peuple décidait de prendre les choses en mains, la France, en tournant le dos à une salutaire et pacifique "opération mains propres", pourrait fort bien se laisser aller à un remake de 1789.

"Devoir de Réserve" ... "Omertà" ... Où commence et où finit chacune de ces deux attitudes ? Il est grand temps de tout faire pour en finir avec une Omertà qui souille l'action politique, les politiciens eux-mêmes et finit par se retourner contre ceux qui en ont bénéficié car, à force de voir les limites sans cesse repoussées faute de les connaître, le jour où le problème éclate, la seule question que pose avec étonnement et sincérité celui sur lequel ça tombe est... "Ben... Pourquoi moi et pourquoi aujourd'hui ?"

République Bananière.

La situation actuelle, en s'ajoutant à bien d'autres, ne peut que conforter mon envie récurrente de revisiter le drapeau Français. Tricolore toujours, bien évidemment, mais avec, en son centre, deux bananes dorées entrecroisées. Tentant, pas totalement faux et confirmé par les événements actuels mais, malheureusement et par deux fois, il m'a été chaudement recommandé de ne pas succomber à une tentation qui constitue un "outrage" lourdement sanctionné.
 
Courageux mais pas téméraire, je vais donc me conformer à ces mises en garde réitérées. Ceci étant, j'en viens à m'interroger philosophiquement sur celui ou ceux qui seraient finalement les plus coupables. Est-ce celui qui, franchissant le Rubicon, ose réaliser un tel dessin ou ceux qui, par leurs comportements, donnent motif à le faire et ne font que matérialiser l'image que nous donnons aux pays étrangers y compris ceux, Afrique Noire et Amérique Latine comprises, que nous jugeons, nous, avec une infinie condescendance ? Pour ma part, j'ai un vague petit embryon de réponse...
 
 
cahuzac
Avec l'aimable autorisation de l'auteur

« Pour qui sonne le glas ? »

En tout premier lieu, il est déjà en train de sonner pour Jérôme Cahuzac. Exclu du PS à l'unanimité, risquant la radiation de l'Ordre des Médecins ainsi que du Grand Orient de France, on peut raisonnablement supposer que sa carrière politique s'arrête là, sous nos yeux.

De plus, après un dédoublement de personnalité tel qu'il confine à la schizophrénie, les Français ne pourront jamais lui pardonner une attitude digne de celle de Marie-Antoinette s'étonnant que, faute de pain, le peuple ne se rabatte pas sur la brioche. Si la mémoire collective semble n'être que d'environ six mois, certaines attitudes, elles, marquent l'inconscient populaire d'une manière quasi indélébile.

Il va, également, sonner pour marquer la fin, irrémédiable, de la "République Irréprochable" promise par François Hollande et qui, à force d'avoir laissé entendre que jusqu'à son élection elle ne l'était pas, a sans doute contribuée à sa victoire électorale. Onze mois plus tard, il est difficile de ne pas se souvenir de la "République des copains et des coquins" dont nous abreuvait l'opposition de l'époque qui, par simple inversion des rôles et quelques années plus tard, n'est autre que la majorité d'aujourd'hui.

Il ne va pas manquer de sonner, une troisième fois, pour les espérances sincères d'un électorat socialiste qui, d'une part, a cru qu'un Président détenteur d'une baguette magique de couleur Rose allait lui assurer des lendemains qui chantent et qui, d'autre part, après avoir prêté sans réserve à la nouvelle équipe sa propre honnêteté, va se trouver aussi désemparé et furieux qu'un supporter de foot, s'identifiant à son joueur favori au point d'en arborer fièrement le numéro, qui le voit marquer contre son camp.

De là à ce qu'il prenne brutalement conscience du fait que, contrairement à ce dont il était intimement persuadé, la Gauche est, elle aussi, capable de magouilles, tout comme l'Autre et sa Clique, il n'y a qu'un pas. Un pas qui pourrait alors le conduire à se souvenir qu'à Marseille, du temps de Gaston Deferre, un homme de Droite comme chacun sait, le nombre d'affaires était tel qu'un petit facétieux avait peint sur le fronton de la célèbre prison des Baumettes... "Mairie Annexe".

   

Page 1 sur 5

Connexion