Mercredi, Juin 28, 2017
   
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Y en a qui y ont cru !

 

recession
Avec l'aimable autorisation de l'auteur

Il y a tout juste un peu plus d'an, en mai 2012...

Persuadés qu'un certain Sarkozy, Nicolas de son prénom, avait été aussi néfaste à la France que, de leur temps, les dix plaies l'avaient été en Égypte, 51,62% des électeurs l'ont balayé, lui et son équipe, d'un revers de scrutin afin de renouer avec la croissance, le plein emploi, le pouvoir d'achat, bref la félicité dont ils auraient été privés durant cinq ans.

Il est vrai qu'on le leur avait tellement dit et répété qu'ils avaient fini, à la longue et naïvement, par le croire....

Et pourtant, même en détricotant avec acharnement tout ce qu'il avait fait pendant cinq ans, le chômage, la précarité, les fermetures d'usines, la dette et, pour rester concis, les déficits, en bloc, continuent de croître et la France entre, cette fois officiellement, en récession !

Il est vrai que nous n'en étions pas loin depuis quelques courtes années mais, cette fois, ça y est, nous y sommes pour de bon et même avec l'aide de Saint Coué ou de la richesse linguistique de notre belle langue Française autorisant de magnifiques circonlocutions, plus personne ne pourra feindre d'ignorer que nous allons réellement mal d'autant que, dans un silence journalistique assourdissant, nous venons de perdre les 3A auprès de l'une des agences de notation.

Bien évidemment, c'est de la faute de tout le monde, de la mondialisation, de la Chine, des pays émergents, du changement climatique, des exilés fiscaux, de Sarkozy et de tout ses prédécesseurs sauf de Mitterrand et de ses fils spirituels, bien sûr, lorsque la France avait la chance infinie de les voir aux affaires.

Un "tout le monde" rassurant mais un "indéfini" qui permettra d'oublier qu'il ne s'agit que des conséquences funestes d'un modèle social que le monde entier nous envie, certes, mais qui consiste, tout simplement, à dépenser, depuis quarante ans passés, plus que l'on ne gagne, bref à vivre à crédit et, aujourd'hui, à la limite du surendettement ! Un modèle social hérité du sortir de la guerre, soit près de 70 ans tout de même, de sa vague de nationalisations et d'une empreinte quasi indélébile de nos chers communistes et de leur vision économique dont nous serons bientôt les seuls, avec la Corée du nord et Cuba, à cultiver, à la fois, le romantisme et une nomenklatura qui n'a, et on peut la comprendre, aucune envie de disparaître.

Deux générations pendant lesquelles, on le sait tous, le reste du monde restait confondu et béat d'admiration devant un nirvana Français dont il n'oserait même pas rêver... alors que, dans le même temps, les pays émergents ont émergé en nous taillant des croupières économiques et industrielles tandis que, de notre côté, en tournant résolument le dos aux préconisations des économistes et à une réduction massive des dépenses publiques, nous ne savons plus que fabriquer des fonctionnaires, faire la chasse aux riches et aux entrepreneurs comme s'il s'agissait de contre-révolutionnaires potentiels, faire fuir la matière grise de nos jeunes diplômés, lever des taxes sur tout ce qui bouge, augmenter les prélèvements existants, déborder d'imagination pour en créer de nouveaux et, tout ceci, en nous expliquant que tout va bien, que c'est la reprise et qu'il faut consommer...

Les médias, nos chers médias, y vont également de leur couplet militant et extatique sur ces particuliers qui louent à d'autres leur voiture ou leur appartement en baptisant pompeusement d'économie de "partage" ce qui ne constitue rien d'autre que les prémices d'une "économie de pénurie", de troc ou de marché noir. Tôt ou tard, un éventuel recours aux appartements collectifs nous sera présenté comme le retour, par les Français, à la vie tribale et citoyenne tout comme les vacances à la campagne ou en famille nous furent présentées, dans les années 1980, comme une redécouverte d'un tourisme vert et hexagonal en se gardant bien de préciser qu'il ne s'agissait que des conséquences de la chute du pouvoir d'achat et qu'un bon nombre de vacanciers aurait sans doute, et de beaucoup, préféré pouvoir s'offrir les Seychelles ou quelques autres destinations lointaines. Mais, que voulez-vous, une telle analyse eut été du déviationnisme.

Lorsqu'un avion, à force de ralentir, passe au dessous de sa vitesse de sustentation, il "décroche" soudainement tout en devenant incontrôlable. Je me demande s'il existe un modèle économique fiable permettant de pronostiquer à quel moment la France, à force de voir la consommation et l'activité économique ralentir, va devenir, elle aussi, incontrôlable.

Participant à cette conversation

  • Invité (Gouacide)

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    Je suis ravi d'apprendre que Hollande avait été élu uniquement sur ses promesses, moins crédibles les unes que les autres.

    Problème : Qui croit encore cala ?

    Non. C'est bel et bien Sarkozy qui a été rejeté en bloc, avec son bilan (dont 600 Mds€ d'endettement supplémentaire tout en prônant la sagesse budgétaire), ses fréquentations business, son coté people...

    Quant aux causes, soyons lucides, nous savons tous que la mondialisation ne date pas d'hier, même si les politiques et journalistes de tous poils continuent à crier au loup pour se dédouaner de leur petites responsabilités.

    Les coupables ? Les personnalités non payées par les banques les connaissent bien. Les historiens aussi nous l'enseigne aussi.

    Les coupables sont, entre autre :
    - La perte de maitrise publique de la création monétaire,
    - Une UE anti démocratique aussi incompétente que le FMI dans l'utilisation de tableurs excel,
    - Les USA, point de départ de 100% des crises mondiales,
    - Une rigueur, dont même un étudiant en sciences économiques encore puceau, sait qu'elle ne doit jamais être mise en oeuvre en temps de crise mais plutôt en temps de croissance.

    Le "système" (médiatique, politique, économique) installé dans les années 80, sous la gauche comme sous la droite, est le fond du problème. Mais à l'heure de l'information immédiate, bien pratique, l'histoire s'est effacée... Pratique, non ?

  • Le fait que Sarkozy ait été rejeté "en bloc" n'enlève rien au fait que, entre la peste et le choléra, certains aient voté par rejet plus que par adhésion à des idées et un programme tenant la route.

  • Christine Lagarde avait initié la "croissance négative"... Dans les incohérences, le Ministre des finances vient de faire dans la même ligne linguistique, en parlant de sortie de la récession avec une croissance comprise entre -0,1% et +0,1% ce qui signifie, dans le tout meilleur des cas, une croissance nulle et si, avec ça, nous sortons de la crise, de la récession et du chômage de masse...... Je me fais Pape !

  • Taxes, prélèvements, contributions, suppressions d'abattements ... rien que des synonymes pour nommer ce qui, finalement, ne fait que sortir de nos poches, réduire notre pouvoir d'achat et impacter tant les rentrées fiscales que notre croissance. Pour continuer à utiliser toute la richesse linguistique de notre belle langue, peut-on, à l'avance, parler de "Chronique d'une branlée annoncée" pour caractériser les élections municipales à venir ?

    Dernière édition du commentaire il y a environ 3 ans par Administrator

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