Samedi, Août 19, 2017
   
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Post-néo Colonialisme.

 

mali 
Avec l'aimable autorisation de l'auteur

Il fut un temps, pas si lointain que ça d'ailleurs, où l'action d'un Président se mesurait à l'aune des "grands travaux" qu'il confiait à la postérité... alors que, maintenant, il semblerait que la mode évolue et que chacun doive y aller de sa petite guerre coloniale.

Certes, celle de Sarkozy, en Libye, finit par l'être par procuration puisque, s'agissant peu ou prou de l'ancienne Tripolitaine, c'était aux Italiens que revenait l'honneur de s'en charger mais l'intervention pressante de BHL nous a permis de les coiffer sur le poteau et ...

... yallah ...

Nous avons balayé un dictateur et, dans le même temps, déstabilisé une bonne grosse partie de l'Afrique du nord et laissé ce pays libéré devenir le supermarché d'un monceau d'armes devenu, bien évidemment, inutile à cette démocratie toute neuve.

Inutile, mais peut-être pas aux yeux de tous, puisque cette fois et après avoir joué les pyromanes, nous endossons la seyante tenue de pompier pour tenter d'éteindre un incendie que nous avons, somme toute, quelque peu contribué à déclencher.

Mais dans cette situation, nous nous montrons, et je le déplore sincèrement, extrêmement injuste à l'égard d'une Europe qui se révèle pourtant authentiquement solidaire de notre action. En effet, elle nous laisse à la fois le privilège enviable d'être en première ligne puisque, du fait même de son absence, la France en constitue la seule et, de plus, en prenant un recul stratégique permettant d'embrasser un vaste panorama, elle se charge de surveiller nos arrières.

Devenue, ainsi, "Europe-Assistance", elle assume la logistique indispensable à un conflit armé en apportant à nos hommes pansements, sparadrap, bande plâtrée, agrafes, mercurochrome, antidiarrhéiques et, tout ceci, sans oublier quelques infirmières capables d'un gros bisou là où ça fait mal.

Mieux que le "Made in France", nous venons d'inventer le concept du "Made in France Afrique", mais quitte à déclencher une guerre coloniale, autant qu'elle le soit à l'instigation de ceux qui, depuis bien des dizaines d'années, en maîtrisent toutes les finesses tout en gardant présent à l'esprit ce qui est connu et pratiqué depuis la nuit des temps, à savoir l'art de la diversion. Un art qui, comme chacun le sait, consiste à détourner et focaliser l'attention populaire sur des problèmes extérieurs lorsque ceux de l'intérieur deviennent insolubles.

Je n'ai qu'une crainte, finalement, qui est celle de voir nos forces, en recourant à l'arme chimique de l'eau déshydratée en poudre, parvenir à transformer un désert totalement aride en bourbier.

Participant à cette conversation

  • La technique est connue depuis que la "politique" existe, c'est celle de la diversion. Tout va mal à l'intérieur ? Ce n'est pas grave, qu'à cela ne tienne, focalisons l'opinion, la presse et les médias sur un sujet situé hors des frontières et, pendant ce temps là, on ne parlera pas du reste. Quelques bruits de bottes... un peu d'humanitaire pour que l'homme de la rue soit caressé dans le sens du poil... des morts "civils" alors que, s'agissant d'une guerre civile, il pourrait difficilement en être autrement... un petit côté Cocorico pour tenter de redonner un rayonnement qui, pour une fois, se situerait ailleurs que dans le cadre sportif et, comme un prestidigitateur qui attire l’œil du spectateur sur sa main droite pendant que celle de gauche tire de sa manche le foulard qu'il va faire apparaître et... le tour est joué. L'Histoire, avec un grand 'H', est remplie de tels tours de passe-passe : Malouines, Irak, Libye, Mali et quelques autres.

    Ne soyons pas dupes d'autant que, faute de savoir avec précision qui a effectivement utilisé ces armes chimiques, contre qui et dans quel but ou même arrière-pensée, l'affaire, aussi scandaleuse qu'elle soit, risque fort de retomber comme un soufflé et, pour soulever une question que je me suis souvent posé, comment se fait-il que, dans un premier temps, le pays concerné ne soit pas, au moins provisoirement, mis au ban de l'ONU.

    Il est vrai qu'il faut garder en tête cette vieille définition... "les guerres sont faites par des gens qui se connaissent et elles font mourir des gens qui ne se connaissent pas."

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