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14 juin 2024, élections (suite)

 

14 juin 2024, élections ( suite )...


Bon choix167

Avec l'aimable autorisation de l'auteur

... la claque, la dissolution surprise, et des élections législatives !

A ce niveau, c'est de l'incompétence ou, alors, une volonté délibérée de nuire à son propre pays mais qui, en l'occurrence, est aussi le nôtre. Rien, absolument rien, obligeait le Président à dissoudre l'assemblée nationale.

Certes, avec plus de 93 % des communes ayant placé en tête le Rassemblement National au soir du 9 juin, la situation de la [soi-diant] majorité devenait délicate, pour ne pas dire plus mais, semble-t-il à chaud, une dissolution soudaine au pire moment à l'approche des JO, du risque d'insécurité majoré et des mouvements sociaux annoncés n'était, à l'évidence, pas le bon timing.

Je demeure stupéfait de constater, comme d'habitude mais en mieux, que les Partis qui revendiquent haut et fort d'être des démocrates, qui n'hésitent pas à prétendre être les seuls authentiques défenseurs des libertés, du pluralisme et de la libre expression, annoncent, froidement et dans une indifférence quasi totale, qu'ils vont s'opposer, dans la rue et sans doute par la violence, au résultat d'une expression populaire. Je suis de droite, de droite libérale et, donc, je fais un rejet viscéral et instinctif du "communisme" mais, comme je suis respectueux du résultat d'un suffrage même s'il ne me convient pas, il ne me viendrait pas à l'idée de manifester pour l'interdiction d'un quelconque journal, pas même l’Humanité, c'est vous dire.

A ce titre, je suis révulsé de constater que ces chantres de la liberté, sous toutes ses formes, n'aient, comme seul horizon et seule motivation, celle de voir disparaître du champ médiatique, papiers ou télévisuels, ceux qui ont le front d'avoir une opinion différente de la leur. Ils sont tellement convaincus de détenir "La Vérité", the only One, qu'ils ne peuvent envisager ni même simplement concevoir que ce n'est pas nécessairement le cas et c'est en cela que je les tiens pour particulièrement dangereux, des Pol Pot, des Mao et des Staline en puissance.

Peut-être suis-je le seul, mais je crains infiniment moins le verdict à venir que les manifestations qui vont émailler la campagne électorale et, très probablement, accompagner un résultat qui risque fort de ne pas convenir à ce qu'il devient justifié de considérer comme une "minorité" et dont les conséquences seront, bien évidemment, imputées au mauvais choix populaire, qui, lui-même, sera le résultat de l'influence délétère de CNews, C8, Europe1 bref d'un certain Bolloré etc..

Inutile d'ajouter que la Bourse affiche le contrecoup de cette double surprise puisque, en quatre jours, le CAC40 a perdu 4,4% et le taux d'intérêt de notre [petite] dette publique vient de dépasser celui du Portugal, et que, bien malheureusement, les Agences de Notation qui semblaient, encore pour un temps, nous éviter un statut à la "Grecque" risquent, au moment des JO, de ne pas tresser de couronnes de lauriers à notre Mozart de la finance, un Mozart qui, depuis le renoncement à Notre Dame des Landes jusqu'à cet échec électoral cuisant et sa réponse, quelque peu Chiraquienne puisque l'action aurait (??) précédé la réflexion, nous a gratifié d'un florilège d'erreurs, d'hésitations et de volte-face. Mozart, le vrai, l'ancien, a eu son Salieri, le nôtre a son Bardella... Nous restons dans la phonétique transalpine.

"Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple !"

On vient, faute de mieux, de commencer par dissoudre sa représentation. J'ai longtemps attribué cette tirade aux Marx Brothers, encore que, mais nous la devons finalement à Berthold Brecht auteur, entre autre, de "La Résistible Ascension d'Arturo Ui", parabole de celle d'Hitler, ou de "l'Opéra de Quat'sous" qui, aujourd'hui, pourrait, mais en autrement plus coûteux, caractériser le psychodrame que nous offre, mot peut-être injustifié, tant la droite que la gauche.

Une droite qui, là, d'un coup, se sent pousser des testicules et une gauche qui, bien qu'antisémite, s'accapare l'étendard politiquement porteur du "Front Populaire" d'un certain Léon Blum, socialiste, certes mais juif et sioniste garanti grand teint. Nous n'en sommes véritablement plus à une incohérence près et, faute d'un minimum de culture politique et historique, il devient particulièrement facile de jeter dans la rue des gamins qui, sans le savoir, ne seront que des "sauve-les-meubles" de Partis de gauche qui, à force d'être demeurés dans le déni ont, finalement, goudronné un boulevard pour le Rassemblement National.

Quant à la Droite, elle n'a pas fait beaucoup mieux et porte également sa part de responsabilité. A force de préférer "perdre une élection plutôt que perdre son âme", d'une part, elle en a pris l'habitude, pour ne pas dire le pli, au point qu'une victoire électorale eut sans doute été vue comme déviationniste et, d'autre part, cerise sur le gâteau, elle va en plus perdre son âme. Je ne me souviens plus quels sont les Partis qui se sont montrés favorables à l'adoption de la "Loi sur la fin de vie", mais je crains que, parmi ceux-ci, certains se soient sentis concernés.

Je finis par être tenté d'actualiser les théories de Freud puisque, aujourd'hui et dans le climat actuel, une fois allongé sur le divan, à chaque question ou face à l'attente muette de l'analyste, affirmez d'une manière péremptoire ... "Non ! Je sais que ce n'est pas à cause de ma mère, mais de l'extrême-droite !".

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