Vendredi, Avril 27, 2018
   
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Grotesque !



Les deux versions d'une affiche publicitaire pour le même film, selon qu'elle se trouve exposée dans la rue ou dans les couloirs du métro parisien. Sans l'ombre d'un doute, il doit s'agir de deux Gainsbourg différents ou bien alors du même, mais avant et après sa cure de sevrage tabagique.

Il y a quelques nombreuses années, lors d'une intervention humanitaire dans un pays musulman victime d'une grave catastrophe naturelle, les autorités locales avaient fermement demandé que le symbole de la "Croix rouge" soit repeint sur les véhicules d'intervention pour dissimuler la ... Croix ... aux yeux des authentiques fidèles !

Quelque temps plus tard, à l'occasion d'un défilé de haute couture, le grand couturier concerné s'était vu vivement conseillé, via le Quai d'Orsay qui en relayait la demande, d'en retirer certaines robes de soirée dont les broderies dorées pouvaient évoquer la calligraphie de versets du Coran !

Pendant le tristement célèbre gouvernement de Vichy, la censure radiophonique interdisait toute allusion à des titres musicaux anglo-saxons, ainsi "Tea for two" devenait "Thé pour deux" et, plus ridicule encore, le célèbre "Lady be good" se voyait rebaptisé en "Mademoiselle, soyez gentille"...

N'aurions-nous, finalement, de choix qu'entre les ayatollahs et la bonne conscience Vichyssoise ? A la seconde où une quelconque forme de censure, ou de simple travestissement d'une image en fonction de sa propre opinion, aussi fondée soit-elle, puise sa justification dans le bien d'un Peuple auquel, par définition, on refuse tout libre arbitre, elle n'a plus de limite formelle et toutes les dictatures ont procédé de la même démarche intellectuelle, au moins à leur début.

Il reste pour le moins paradoxal d'assister à une telle démarche au moment où l'on discute du sort de la burqa qui, au nom d'une conviction personnelle, dissimule des pieds à la tête celle qui en est revêtue. N'oublions pas, non plus, qu'une proposition de loi, déposée à l'Assemblée nationale le 15 septembre, visait à imposer que la mention "Photographie retouchée afin de modifier l'apparence corporelle d'une personne" soit accolée à toutes les photos publicitaires ayant fait l'objet d'un retraitement informatique.

En l'occurrence, il est vrai qu'il ne s'agissait que des photos de mode, mais on peut quand même s'interroger sur certaines de nos incohérences.

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