Mercredi, Octobre 18, 2017
   
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Macroéconomie niveau C.P.

Je sais, par avance, que ce petit schéma va paraître simpliste, pour ne pas dire infantile, à tous nos grands experts de l'économie. Ceci étant et avant de le mépriser, il n'en possède pas moins la vertu de mettre en évidence une bonne parties des interactions que, selon qu'ils sont de Droite ou de Gauche, certains semblent pudiquement glisser sous le tapis ou, au contraire, privilégier alors que tout est, évidemment, lié et que le simple fait d'agir sur un seul paramètre impose de prendre les autres en comptes.

L'équilibre budgétaire.

La règle, d'une simplicité biblique, consiste, tout bêtement, à faire en sorte que les dépenses ne soient pas supérieures aux recettes ou bien, et si par malheur c'est le cas, de tout faire pour que cette situation ne reste que de courte durée, pour la même raison que lorsque vous êtes à "découvert", celle ne pas voir vos agios atteindre, un jour, un montant tel que vous soyez dans l'incapacité de rembourser...

Dès lors que l’État, au sens large du terme, est sensé ne pas rester en "déficit" trop longtemps ou ne pas l'être d'une manière trop flagrante, il ne peut agir, en gros, que sur trois leviers, trois leviers qui lui sont accessibles et dont il est maître. Le premier consiste à augmenter les prélèvements, le deuxième, lui, à réduire ses dépenses et le troisième, recours facile, électoralement indolore car quasi invisible, à emprunter pour boucler ses fins de mois y compris pour ses dépenses courantes.

Bien évidemment, notre petit État pris comme exemple "scolaire", a tout loisir d'agir sur l'un, sur l'autre, sur le troisième voire même, à des niveaux divers et adaptés, sur les trois à la fois. En ce qui nous concerne, force est de reconnaître qu'il a du paraître bien moins douloureux, sur l'instant, de laisser se creuser la dette avec, pour conséquence inéluctable, la flambée du montant cumulé des intérêts de celle-ci, que d'avoir le courage politique de tailler dans le vif, dans l'intérêt, certes lointain, des générations futures et non dans celui de l'échéance électorale immédiate avec, peut-être aussi, l'éventuelle satisfaction perverse de refiler la patate chaude au successeur.

Si, au moment de la Révolution de 1789, le service de la dette, c’est-à-dire le simple remboursement des intérêts, était le second poste budgétaire de la Nation, aujourd'hui, en atteignant rien moins que le montant annuel de 50 milliards, soit ce que rapporte l'impôt sur le revenu, il est devenu le premier poste budgétaire de l’État, devant celui de l’Éducation Nationale...

Si, grâce à la RGPP* et à la LOLF**, une véritable inflexion des dépenses publiques a été initiée depuis 2002, celle-ci n'est pas encore suffisante pour produire des effets palpables et c'est, d'ailleurs, ce qui vient de nous coûter notre triple A, tout en restant, malgré tout, sur une marche tout à fait honorable du podium des agences de notation avec, pour consécration, des taux particulièrement bas malgré les avis éclairés de certains oiseaux de mauvais augure qui ont très probablement, et en cette occasion, confondu analyse objective et ... argumentaire électoral.

Les trois incontrôlables.

Si le Gouvernement a la main sur les dépenses, les recettes et l'éventuel recours à l'emprunt, il n'est pas en mesure d'agir sur les trois inconnues que sont la Croissance, la Consommation et la balance Commerciale.

On peut, raisonnablement, supposer que tout Ministre des Finances en serait particulièrement heureux mais ce n'est pas le cas. Et pourtant, depuis quarante ans, on nous a servi des prévisions de croissance aussi fiables et précises qu'un numéro de divination digne de la célèbre Madame Miroska de mon enfance, aboutissant, en général, à un chiffre inférieur de moitié à celui escompté et, de ce fait, à des dépenses engagées sur la base d'un chiffre faux par optimisme. Je pense complètement inutile d'expliquer que, si les dépenses sont au rendez-vous, mais pas les recettes, ce sera au Peuple de mettre la main à la poche avec le recours habituel aux "recettes de celle-ci" ou à ces fort utiles Lois de Finance Rectificatives.

Le modeste dessin, ci-dessus, montre clairement qu'en fonction de l'état de gonflement des différents ... "ballons", notre jolie balance, avec les mêmes prélèvements et les mêmes dépenses, s'inclinera préférentiellement vers le mauvais ou le bon côté, vers le déficit ou l'excédent budgétaire ou bien encore, sous une formulation qui concerne notre vie quotidienne, vers une augmentation ou une réduction des prélèvements obligatoires.

Une navigation à vue.

Tout l'art, car c'en est un, va consister à placer les différents curseurs au bon niveau. Une réduction trop lente, trop homéopathique, de l'endettement n'est pas nécessairement suffisante pour entraîner un allègement des intérêts mais, en contrepartie, elle n'aura qu'un faible impact sur la consommation et la croissance. Au contraire, et à l'image de ce qui se passe en Grèce, une réduction, importante et brutale, de l'ensemble des dépenses de l’État va réduire drastiquement la dette, c'est évident, mais la consommation va s'écrouler et la croissance ne sera plus qu'un lointain souvenir.

Entre ces deux extrêmes, toutes les solutions intermédiaires sont envisageables, mais la moindre décision qui aura un impact négatif sur le pouvoir d'achat va, et c'est bien naturel, orienter le consommateur vers des produits à bas prix donc, le plus souvent et malheureusement, importés, ce qui ne manquera pas de contribuer au déficit de la balance commerciale mais, là, nous abordons les rives escarpées des notions de compétitivité.

La gestion budgétaire d'un Pays pourrait, aisément, se comparer au fait de naviguer sur une mer inconnue, capricieuse, truffée d'écueils, invisibles pour certains, avec la contrainte supplémentaire, par manque de vivres, d'arriver le plus rapidement possible à bon port en sachant, par avance, que la moindre erreur aura autant d'impacts sociaux que de conséquences financières. Le faire par temps calme n'est déjà pas nécessairement une sinécure, pratiquer cet exercice dans la tempête, par vent contraire, dans le brouillard et, le tout, sous l'oeil de l'Opposition du moment n'attendant qu'une chose, et au mépris de la vie des passagers, celle de voir le navire se briser sur les récifs ne peut que me conforter dans mon refus de faire de la Politique.

Règle d'or ... ou simple évidence.

Je reconnais, finalement, ne pas très bien parvenir à comprendre les arguments de ceux qui réfutent cette "Règle" alors qu'elle n'est, sur le fond, qu'une banale évidence dont nous n'aurions jamais dû nous éloigner et, surtout, depuis tant de dizaines d'années. mais, que voulez-vous, une élection n'a pas de prix, sauf, ensuite, pour le contribuable.

*  : RGPP, Réforme générale des Politiques Publiques.
** : LOLF, Loi Organiques des Lois de Finance.

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