Vendredi, Novembre 24, 2017
   
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Le Grand Malentendu.

Sur la base de prélèvement obligatoires minimaux et hors impôts.



Les chiffres sont exacts
et le nombre de billets correspond à "un salaire brut de 100", à quelques arrondis près afin de laisser les petites pièces jaunes à Bernadette. Ceci étant et en prenant en compte la complexité et la multiplicité des prélèvements, il ne s'agit que d'être caricatural afin de faire toucher du doigt certaines des causes qui, bien souvent, transforment notre dialogue social en un dialogue de sourds.

Cette différence entre un coût du travail qu'il serait, peut-être, plus juste de nommer "salaire authentique" afin de le rapprocher des notions de salaire brut et de salaire net, et ce que le salarié a réellement touché entraîne un premier motif de conflit social.

En effet, lorsque le salarié estime qu'il n'est pas suffisamment payé et qu'il souhaite une augmentation, il a parfaitement raison. Lorsque l'employeur lui explique qu'il  ne le peut pas parce qu'il lui coûte déjà trop cher, il a, lui aussi, parfaitement raison... Deux positions opposées qui sont d'autant plus inconciliables qu'en fait, personne n'a tort.

Il est clair que le montant des charges sociales ainsi que leur mode de prélèvement vont contribuer à fausser le débat, constituer l'une des causes de ce divorce et participer à pérenniser un vieux relent d'une "lutte des classes" dans laquelle il serait possible de trouver la cause de notre "culture du conflit".

Malheureusement, nous savons qu'aucune des deux parties en présence n'est en mesure d'agir sur leurs montants, surtout depuis que le patronat s'est retiré de la gestion paritaire d'un certain nombre d'organismes sociaux.

Camarade...

... tu viens de toucher du doigt le premier volet du "Grand Malentendu" et je pense que tu commences à entrevoir que les "charges patronales" ne sont rien d'autre qu'une partie de ton véritable salaire du simple fait qu'elles s'ajoutent à ce que ton patron a réellement payé pour toi, en échange du travail que tu as effectué.

Tu ne me crois pas ? Tu vas voir, c'est très simple, il suffit de retourner le problème et de supposer que tu as une femme de ménage.

Comme je ne peux imaginer
qu'elle travaille "au noir", elle est déclarée et, de ce fait, tu payes des charges sociales. Il est évident que tu n'as pas manqué de calculer ce qu'elle te coûtait "réellement" et je connais, par avance, la réponse ... bien plus que ce qu'il lui reste dans la poche !

Je ne remets pas en cause ton militantisme en faveur "des travailleurs et des masses laborieuses", crois-le bien, mais comment vas-tu estimer le travail qu'elle effectue, en fonction de ce qu'elle gagne ou en fonction de ce qu'elle te coûte ? Et bien, et qu'il le veuille ou non, ton Patron a la même réponse que toi.

Poussons, maintenant, le paradoxe à son comble.

Georges M., notre salarié pris pour exemple, effectue un travail artisanal tel qu'il lui faut un mois pile pour réaliser, mettons, une boîte à musique, un véritable chef-d'œuvre fait main. Il y a travaillé un mois, donc il va percevoir son "salaire net mensuel" ... soit 80.

Il est évident que, pour l'employeur de Monsieur Georges M., la réalisation de l'objet en question, qui pour simplifier la démonstration ne nécessite ni matière première ni énergie, a tout de même coûté le montant du "salaire authentique" d'un mois de travail, c'est à dire ... 150.

Supposons, maintenant, que notre petit patron décide de vendre cet objet à son prix coûtant, soit 150 comme nous l'avons vu. Malheureusement, il faut immédiatement lui ajouter une TVA de 19,6% qui s'empresse de faire bondir le prix de 150 à ... 179,4.

C'est l'anniversaire de Liliane et Georges M., son mari, décide de lui offrir l'une de ces magnifiques boîte à musique qu'il réalise amoureusement et là, avec surprise, il découvre, en vitrine, qu'il va acheter et payer pratiquement 180 l'objet qu'il fabrique et pour lequel il est payé 80.

"Quand on aime, on compte pas" aussi Georges M. va acheter la boîte à musique tout en pensant bien fort "mort aux patrons".

Nous arrivons au second volet du "Grand Malentendu".


Le salarié a touché 80 avant impôts, le Patron n'a strictement rien gagné, il n'y a pas eu d'intermédiaires ni de cotisations complémentaires ni de frais généraux etc.. et, bien que totalement caricaturale, nous aboutissons à une situation dans laquelle seuls les organismes sociaux et l'État ont prélevé leur dîme au point, d'ailleurs, d'écorner sérieusement notre "pouvoir d'achat" tout en ne parvenant pas, par dessus le marché, à résorber leurs déficits !

Autre vertu de ce schéma, c'est de montrer à quel point l'argument utilisé pendant les manifestations contre la réforme des retraites consistant à augmenter les cotisations patronales pour réduire le déficit était complètement crétin. Georges M. aurait eu encore plus de mal à offrir son cadeau à Liliane.

Camarade, il serait infiniment plus juste de crier "mort aux charges" que "mort aux patrons"...

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