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2023, Annus Horribilis.

 

2023, une année de merdes successives...

Le 5 janvier, à la cathédrale de Senlis avait lieu la cérémonie d'enterrement de ma jeune soeur au terme d'un long combat contre un myélome qui, en dépit d'une autogreffe réalisée au cous de l'été précédent, s'est soudainement, et contre toute logique, remis à flamber et à devenir incontrôlable à peine quatre mois plus tard. Les derniers derniers jours furent épouvantables, sous morphine, pour la voir s'éteindre le jeudi 5 janvier. Notre frère nous ayant quitté un an, jour pour jour, auparavant, je demeure l'unique survivant de notre fratrie.

Ma Libanaise de cousine, dont je suis, ou étais, très proche est partie passer l'été à Beyrouth et, depuis lors je n'en ai plus de nouvelles avec tous les motifs d'inquiétude que l'on peut imaginer au regard de la situation locale.

Ma fille, unique, s'est unilatéralement et brutalement brouillée avec moi au motif que j'avais tenté de faire comprendre à son ex-époux qu'il serait sans doute bon de cesser d'exercer un chantage affectif sur leur fils, un fils qui se trouve, accessoirement, être mon petit-fils et, pour finir, mon médecin traitant et, surtout, ami depuis 40 ans succombe à un cancer généralisé le 8 décembre après cinq semaines d'hospitalisation à Bichat.

Un médecin, plus souvent "traité" que traitant, qui râlait parce que je me soignais tout seul mais auquel j'avais confié tant mon père que ma compagne, un médecin qui, après une si longue amitié était surtout devenu un authentique membre de la famille.

Je garderai longtemps le souvenir de nos dîners quelque peu arrosés, des plaisanteries de potaches ou d'une verdeur tout à fait digne de la "salle de garde", de nos désaccords médicaux, désaccords de principe, qui, quelques heures plus tard à peine, me valaient un coup de fil dont la teneur était bien souvent "c'est de la médecine de comptoir, mais t'as p’t-être raison, on va essayer" et on testait. J'ai enseigné l'homéopathie durant plusieurs années et, lui, en était un opposant farouche jusqu'à une soirée mémorable où notre hôte, ayant forcé sur la bouteille et les mélanges, en tenait, comme on le dit familièrement, "une bonne"...

Muni, par avance, d'un petit tube dose d'une souche dont, pour le moment, je tais le nom et la dilution, au terme du repas, je lui ai demandé de laisser fondre, sous la langue, ce que les autorités médicales et ministérielles considèrent comme un vulgaire placebo.  Moins de deux minutes plus tard, il avait dessoulé, se sentant clair et dispo, à la grande surprise, voire même stupéfaction, du toubib. Ebranlé au point de lui demander, le lendemain matin, ce qu'il avait ressenti puis, ceci fait, me laissant un message téléphonique que je conserve précieusement dans lequel il admettait un résultat "qui valait le coup de faire d'autres essais"...

Malheureusement, il entrait à l'hopital quelques semaines plus tard.

En 2023, j'ai également pris ma retraite afin de suivre ma compagne qui souhaitait quitter Paris, mais à 73 ans et après 47 années d'un exercice médical qui constitue bien plus une vocation qu'un métier, et que j'ai adoré, je ne peux me résoudre à tirer le rideau sur une telle expérience sans en faire profiter d'autres qui le souhaiteraient.

Je vais donc avoir du temps à consacrer à mes passions, et elles sont multiples, à commencer par poursuivre mes recherches, prometteuses jusque là, concernant cette pauvre homéopathie à seule fin de lui redonner les lettres de noblesse qu'elle mérite, et m'investir plus qu'aujourd'hui dans la photographie et, surtout, les techniques qui gravitent autour d'elle et permettent de ne pas se contenter d'appuyer sur le bouton.

Par égard, hommage, amitié et en souvenir de mon ami, le Dr Jean-Bernard Lledo, je remettrai en ligne le site médical auquel nous avions consacré bien des heures, des soirées et des échanges téléphoniques entre 2007 et 2009. Un lien sera créé depuis Hexagoneries.info.

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