Dimanche, Novembre 19, 2017
   
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"C'est de l'acharnement ...

... il y a dû y avoir des fuites !"

Tel fut, sur un ton scandalisé, le commentaire d'un membre de la majorité en réaction à la parution d'un certain numéro, "plutôt étoffé", du Canard enchaîné.

Nous y découvrions en effet, d'un coup et en bloc, que l'argent des contribuables partait en fumée de luxueux cigares, en un rapport, sans doute hautement stratégique, sur les effets de la mondialisation, en une chambre d'hôtel, réservée au profit d'une représentante d'un ministère, plus chère encore que celles de notre équipe de foot nationale, qu'une limite d'âge, pourtant fixée par décret, venait d'être gaillardement piétinée pour permettre une nomination qui, sinon, aurait été impossible et que, pour finir, tel autre élu semblait, lui, avoir bénéficié d'un permis de construire suffisamment vrai pour affirmer qu'il l'était, mais assez faux pour, néanmoins, y renoncer.

Ce qui est stupéfiant dans cette réaction, qui entre de plein pied dans la notion d'Omertà, c'est de constater à quel point notre classe politique, au sens très large du terme et tous bords confondus, s'offusque, avec raison, de voir ternir son image mais ne peut supporter, ne serait-ce qu'un instant, que les turpides maladroites de certains soient mises sur la place publique et ceux-çi au pilori.

Dans une République, sauf bananière, une ...fuite... ne devrait, en aucun cas, être perçue comme un dysfonctionnement de la loi du silence, mais comme la transparence que nous sommes en droit d'exiger.

Ceci étant et comme il y a loin de la coupe aux lèvres, il ne nous reste qu'à espérer encore de nombreuses fuites.

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