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Rogner les ailes de la Technocratie.

Posté par le dans Gouvernance Française.
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« De Gaulle trop loin ou trop haut, le gouvernement diminué, le Parlement en résidence surveillée, la compétition des barons pour la possession des fiefs en déshérence fait rage. L'un d'entre eux, le technocrate, a pris de l'avance sur les autres.

Au sein de l'administration il connait ses plus belles heures. La camaraderie de promotion préférée à l'esprit d'obéissance, un réseau d'ambitions toutes neuves enserre la vie nationale. Une affaire que ne parviennent pas à régler entre eux les ministres ou les super-préfets, leurs chefs de cabinet, s'ils proviennent de l'ÉNA, la résolvent au téléphone. La technocratie administrative s'est ralliée à la victoire gaulliste mais ne s'est ralliée qu'à la victoire. Elle supporte, elle subit, elle accepte, elle profite mais elle n'aime pas. Ce qu'elle aime, c'est l’État, un État-symbole dont elle assume la fonction. En quête de l’État elle se figure qu'aux lieux et places des hommes et des partis politiques qui se querellent et s'annulent, du Parlement qui se soumet, des complots qui se trament, elle seule représente l'absent. Elle est comme le Régent d'un royaume dont l'héritier mineur ne grandira jamais. »

Rédigée en 1964 par François Mitterrand, dans "Le Coup d’État permanent", et même si l'époque et le contexte ne sont plus, et de loin, les mêmes, l'analyse semble à l'abri du temps puisque cette diatribe anti-technocratie reste, pratiquement cinquante ans plus tard, d'une criante actualité d'autant que le mal, loin de se réduire, a contaminé également l'Europe et son fonctionnement.

Depuis mai 2012, le nouveau Président de la République et son gouvernement nous ont promis le « Changement » comme, d'ailleurs, l'a fait chacun de ses prédécesseurs, et, effectivement, le changement est là, il est indiscutable, nous l'avons sous les yeux puisque ce n'est plus la même promotion de l’ÉNA qui nous gouverne mais, cette fois, la quasi-totalité de la promotion "Voltaire" de notre célèbre école. Le Changement dans la continuité, quoi !

Et, peut-être aussi, une des composantes du Mal Français.

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