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La grande frousse.

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La vie politique française traverse une période tout à fait particulière, donnant une impression de désordre, de confusion, de perte des repères. Ainsi l’UMP, contre toute attente, soutient M. Bayrou à Pau, lui qui a appelé à voter Hollande au 2ème tour des présidentielles et contribué à l’élection de dernier.

La même UMP hésite à apporter son soutien aux projets du gouvernement en particulier son fumeux "pacte de responsabilité" en parfaite contradiction avec chacun de ses actes et de ses discours.

Les socialistes qui jusqu'à présent vomissaient ce mot et s'en servaient comme d'une insulte, rivalisent de zèle pour se dire socio-démocrates. Le parti protestataire, toujours prompt à s'ériger en parangon de vertu et à dénoncer les écarts personnels des dirigeants, vient bizarrement au secours du chef de l’État en défendant « son droit à la vie privée »...

Chacun ferme pudiquement les yeux sur la situation rocambolesque d'un gouvernement qui approuve, la main sur le cœur, un projet de loi sur l’égalité homme femme, quand au plus haut sommet de l’État, une femme est humiliée dans un climat de complaisance générale, y compris des féministes.

Que se passe-t-il ? Eh bien, le monde politique dans son ensemble est gagné par une grande frousse et se sert les coudes, de l'extrême droite à l'extrême gauche. Plus personne ne parle des grands sujets de préoccupation, en particulier des 5 millions de chômeurs, de la situation des banlieues et de l'insécurité.

Après les affaires DSK, Cahuzac, Closer, dans une France au fond de l'abîme, le monde politique tremble, redoute de se voir marginalisé, montré du doigt, entraîné globalement dans la honte, l'indifférence, et le ridicule. Il s'inquiète pour ses rentes de situation et ses avantage acquis : et s'il venait à l'esprit de l'électorat non seulement de s'abstenir, mais aussi d'opérer un grand coup de balai en votant pour des candidats de la société civile ?

Il craint une déstabilisation générale, un effondrement du chef de l’État, profondément affaibli, plus qu'il n'y paraît, des élections anticipées, tout ce qui reviendrait à chambouler son univers. La France en crise politique larvée n'a plus vraiment de président, plus de gouvernement ni d'opposition, elle n'a plus de politique, au sens du "gouvernement de la cité", et sur le champ de ruine des fantômes médiatiques sans but et sans idées, gesticulant de polémique en polémique pour garder à tout prix ou gagner des postes. Tout est à reconstruire.

Maxime TANDONNET

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