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Au-delà de la crise politique.

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Dans un dernier sondage IFOP, le président et le premier ministre pulvérisent tous deux leurs records d’impopularité avec une cote de confiance de 21%. Dans une France en pleine crise politique, la colère se cristallise sur les deux têtes de l’exécutif. Bien sûr, leur responsabilité est évidente et chacun de leur geste, depuis un an et demi paraît de nature à aggraver toujours davantage l’exaspération des Français.

Plus la défiance s’amplifie, et plus les dirigeants du pays semblent se crisper et s’enfermer dans le déni. La déprime, une souffrance profonde se lit d’ailleurs sur leurs visages, eux dont le métier de politicien est avant tout de se sentir « aimés ». Au fond, ils savent les erreurs qu’ils ont commises, l’antisarkozysme haineux qui a braqué la moitié de la France, la fuite devant les responsabilités quand ils accablent les prédécesseurs, le sectarisme et le mépris d’une partie de l’opinion, par exemple dans la manière dont le "mariage pour tous" a été conduit, les manipulations et les annonces trompeuses, en particulier sur l’emploi, la dérive fiscaliste.

Gonflés d’orgueil, ils paraissent comme engagés dans une logique de fuite en avant qui leur interdit de donner un signe d’apaisement en reconnaissant leurs torts et les pousse à s’inventer des "ennemis du régime" comme tout pouvoir en bout de souffle. Mais la vraie question aujourd’hui, la seule qui compte, est celle-ci : quelle alternative ?

Parmi les prétendants à la présidence, je n’en vois pas un seul qui serait de nature à susciter un élan d’unité et remettre le pays sur les rails : Fillon ? Copé ? Juppé ? Bertrand ? Je peux me tromper mais il me semble qu’en 6 mois, eux à l’Elysée, ils seraient à leur tour totalement grillés par une situation désastreuse, des promesses électorales non tenues et une impression de duperie : retour à la case départ.

La solution du changement radical de système, avec sortie de l’Europe ou passage à une autre République, ou encore étatisation de l’économie et fermeture des frontières économiques, (Mélenchon, Le Pen, Besancenot) ? Même dans l’hypothèse où l’une des solutions "anti-systèmes" de ce type serait la bonne – ce dont je doute au plus au point– elle ne saurait porter ses fruits qu’à long terme et ne manquerait pas, pendant plusieurs années, de plonger la France dans la déchirure et un chaos profond.

Personnellement, je ne crois pas à une solution miracle. En revanche, il me semble qu’il faut impérativement sortir de la logique mégalomaniaque de la vie publique française qui concentre toute l’attention du public sur un visage, une personnalité. La France est-elle gouvernable ?

Nous avons besoin d’un chef de l’État au-dessus des passions et des haines, qui apaise, représente la Nation et soit, sinon consensuel, au moins acceptable par la grande majorité. A côté de lui doit se tenir un Premier ministre, un vrai – nous n’en avons pas eu depuis Raymond Barre - ultime responsable politique du pays, soutenu et contrôlé par le Parlement, en prise directe avec l’effroyable réalité qu’est devenue la France d’aujourd’hui, avec l’ambition non pas de plaire, ni de durer ni de s’incruster surtout pas de prendre l’Elysée, mais de sauver le pays aux prix de l’effort et de mesures extrêmement difficiles.

C’est ainsi que la France doit être gouvernée, par un retour aux fondamentaux, et s’il reste une (petite) chance de s’en sortir, ce n’est pas autrement que par cette voie.

Maxime TANDONNET

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