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CHAPITRE 4.

Posté par le dans DES GAULOIS A TON SMARTPHONE.
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An 476 Clovis, l’éclosion de la France et l’anti-communautarisme.

En 476, le chef ostrogoth Odoacre dépose Romulus Augustule, le dernier empereur romain. L’évènement passe pratiquement inaperçu tellement l’Empire s’était désintégré en Occident. L’info est absente au 20 heures, pas même au 13 heures, c’est dire la déchéance.

Les historiens relèvent que ceux qui ont fondé Rome s'appelait Remus et Romulus et le dernier s'appelait aussi Romulus. Il avait seulement 15 ans et a fini ses jours à Capri. C’est tout ce qu’on trouvé les historiens. C’est peu. Il n’y avait plus rien, pas même une jante de l’Empire. J’ouvre une parenthèse que je refermerai si j’en ai envie, je me demande si Hervé Villard, le chansonnier français, n’a pas été inspiré par ces évènements en rédigeant sa fameuse chanson, Capri, c’est fini. On en reparlera plus tard.

Voici une phrase importante, que tout puissant devrait méditer, phrase de l’historien Jean-Baptiste Duroselle (1917-1994) : « Tout empire périra. » Tu remarques comme je te donne mes sources ?

Cher lecteur, si l’on part du principe que rien ne dure ou dit autrement, ce qui est né mourra, cette phrase-là ne casse pas trois becs à un aigle. Mais ça fait toujours son effet devant sa belle en attendant sa pizza chez Gino. Cela a surtout donné de la légitimité à Duroselle, Jean-Baptiste de son petit nom, lui a permis de garder son CDI car il était en passe de se faire transférer à Pôle emploi. Comme quoi, une phrase bien placée vaut tous les CV.

Dans tous les cas, mon lecteur authentique, il ne faut jamais l’oublier car c’est une des grandes leçons de l’histoire qui mérite réflexion et que les collaborateurs de toutes les époques, dans le sens « collabos », n’intègrent jamais dans leurs calculs : les empires finissent par mourir (et pas qu’à Capri).

En 52 avant J.-C., les tribus gauloises qui ont pris fait et cause pour le parti romain ne le savaient pas, mais elles avaient cinq cent vingt-huit ans devant elles avant de voir s’effondrer l’empire qui avait submergé la Gaule. D’un point de vue cynique, elles avaient le temps pour penser à leur souveraineté. J’ajouterai même qu’elles ont bien fait de se laisser sous-traiter par l’empire en place parce que se prendre des baffes pendant cinq siècles, c’est long.

En revanche, en 1940, ceux qui ont adopté le parti de l’étranger (les gars qui bossaient cul et chemise avec les Schleus) n’ont eu que quatre ans devant eux avant de voir s’effondrer l’Empire du IIIe Reich. Mais c’est toujours pareil, mon lecteur averti et tu le sais bien, ma réflexion est un peu facile, parce que si les collabos de l’époque savaient que la durée de vie de l’Empire du schnaps n’aurait duré que quatre ans, même Pétain serait parti à Londres avec le maillot de Chelsea sur les épaules pour mieux se faire accepter dans le bureau de Churchill. C’est commode de refaire l’histoire après l’Histoire. J’avoue.

Dix ans après 476, en 486, c’est un épisode que tu connais sûrement sous le titre de « l’affaire du vase de Soissons ». En réalité, on ne sait pas de quoi il retourne, c’est une légende qui fait partie intégrante de l’histoire de Clovis mais tous les historiens s’accordent à dire que c’est un conte. Conte ou pas, Clovis, Barbare franc, n’avait aucune idée du prix ni de la valeur de ce vase. Une porcelaine de Limoges, du haut de gamme numéroté et en édition limitée, et ce con-là, sur un coup de tête, il te le casse pour faire passer sa colère. J’aurais été là, c’est un Tupperware que je lui aurais donné, moi, au Clovis. Porcelaine de Limoges, le Ming de l’époque, inconscient va.

Clovis bat à Soissons Syagrius, le dernier représentant du pouvoir romain en Gaule. Derrière l’affaire du vase qui est une anecdote romancée (quoique), c’est tout simplement la fin de la domination romaine en Gaule. Le dernier empereur romain disparaît en 476 et dix ans après, il y a encore des petits seigneurs restés fidèles à Rome.

Syagrius, voyant la chute de l’action Empire romain descendre en flamme comme le cours de Lehman Brothers en 2008, se dit qu’il ne serait pas si bête de garder discrétos une petite miette du royaume et de faire comme si de rien n’était. Après tout, à la fin des banquets, il reste toujours un petit quelque chose, non ? Mais son petit quelque chose a duré dix piges, pas plus. Mauvais choix de Syagrius mis K.-O. par Clovis, dit « le Casseur inconscient » ou « le Monsieur Propre de Soissons ».

C’est terminé, il n’y a plus de représentant romain qui dirige la Gaule. Les évènements d’un seul coup se succèdent et Clovis triomphe à Tolbiac, ville qui se situe dans l’Allemagne actuelle et accessoirement le nom d’une rue des XIIIe et XIVe arrondissements de Paris. Il a promis à Clotilde, son épouse, que s’il triomphait, il se convertirait à la chrétienté.

Les hommes, ça te fait de ces promesses, va savoir pourquoi ! Tout est bon pour en mettre plein la vue à sa Clotilde, une fervente du missel et de l’hostie goût orange. L’histoire dit qu’il lui avait proposé, en cas de victoire, de lui offrir un service complet en porcelaine de Limoges ou un saut à l’élastique. Elle, connaissant sa brute, a choisi l’option conversion. Pas de risque et en plus elle faisait plaisir à ses parents. Parce qu’un Barbare à la table d’une famille de chrétiens, ça dénote. Converti, ça devient exotique.

Clovis triomphe à Tolbiac et se fait baptiser en 496. Le baptême de Clovis est souvent considéré comme le départ de notre histoire nationale. Mais le point de départ, on peut le faire remonter à 50 avant J.-C., jusqu’à Vercingétorix.

Clovis, en se convertissant, obtient le soutien sans réserve de l’Église, des évêques et donc de l’organisation sociale du peuple. L’Église est devenue la seule structure solide de solidarité par ces temps de chaos. En se convertissant, il dirige tout. Sous la pression de l’Église, Clovis va interdire les mariages claniques. Cela va avoir une importance considérable et empêcher la constitution d’ethnies. Il va amalgamer et imposer le mélange. Petit à petit, on va voir apparaître un nouveau peuple que l’on appellera « le peuple français » et qui sera cet assemblage de tribus gauloises. Il refusera ce que l’on appellera le communautarisme.

Ce qu’il faut retenir, mon lecteur emballé : les mariages claniques sont quasiment interdits, la naissance de la France se construit sur une idée de fusion des peuples, pas sur une ethnie.

Jean-Luc Mordoh.

 

La semaine prochaine, le CHAPITRE 5.

An 800, l’empire de Charlemagne.

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