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CHAPITRE 3.

Posté par le dans DES GAULOIS A TON SMARTPHONE.
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An 315, La Gaule diluée dans l’Empire universel.

Le fils adoptif de César s’appelait Octave et en 27 avant J.-C., le 16 janvier pour être précis, il décide de changer de nom et se fait appeler Augustus Imperator, Auguste le chef des armées, l’équivalent de notre Vercingétorix. Tu sens déjà que le petit a une réserve d’ambition dans le grenier.

Il fonde le premier Empire romain et va prendre comme symbole, un aigle, l’aigle impérial. Retiens bien ce symbole mon lecteur adoré, il réapparaîtra régulièrement tout au long des siècles et de ce livre.

Sous Trajan, empereur romain dès 98 après J.-C., ce sera l’extension maximale du territoire. L’Empire romain est centré sur la Méditerranée, c’est un empire méditerranéen. Les Gaulois sont soumis globalement aux mêmes lois et à la même discipline que les Carthaginois, les Cyrénaïques et les Numides. C’est l’Europe avant l’heure, une constitution pour tous et des commissaires non élus qui rédigent, vérifient et sanctionnent le premier faux pas.

En revanche, toute une partie de l’Europe notamment l’Irlande, l’Écosse, les pays scandinaves et une grande partie des pays de l’Est, ne se sera jamais romanisée. Va imposer quoique ce soit à un Irlandais, t’es pas sorti du pub.

Avec Constantin en 315 après J.-C., l’Empire romain va se scinder en deux. Les Barbares arrivent des pays germaniques, du Nord de l’Europe, des steppes d’Asie centrale et commencent à déferler sur l’Europe occidentale. Déferler, le mot est soft. Ils ont dévasté, détruit, « puzzlelisé », atomisé, brûlé, démonté, déboîté, cramé, disséqué tout, mais absolument tout ce qu’ils trouvaient. Plus susceptibles, c’est difficile de trouver dans l’histoire. Des « jamais contents » qui avaient comme seul mot d’ordre : je dézingue donc je suis. Le nihilisme absolu comme raison d’être et l’innocence retrouvée dans un bain de sang.

Du coup, l’empereur Constantin, pas né de la dernière réclame et au courant des exactions des Barbares par les médias de l’époque, décide prudemment de transférer la capitale de Rome dans un port de pêche qui se nomme Byzance et qui sera rebaptisé Constantinopolis. Les prémices du naming.

Constantin va reprendre le drapeau avec l’aigle et l’Empire byzantin durera jusqu’en 1453. C’est le début de la division entre l’Empire byzantin et l’Empire romain d’Occident qui va bientôt succomber sous les Barbares.

En 315 après J.-C., Constantin, par une pseudo-donation, aurait transmis l’Empire d’Occident au pape de l’époque, Sylvestre Ier. Il s’agit d’un mythe, jamais l’empereur Constantin a remis à l’Église catholique le pouvoir sur les pays d’Occident.

Mon cher lecteur, l’histoire est subjective, faut du beau, du grand, du sensationnel pour faire avaler un wagon d’histoire au peuple. Alors on crée du sensé, du presque véridique mais suffisamment cohérent pour que la ménagère de moins de 50 ans s’y abonne.

La réalité historique, c’est que la partie occidentale de l’Empire s’effondrant sous l’arrivée des Barbares, les familles nobles romaines ont essayé de trouver la structure qui pouvait encore tenir pour reconstruire ce qui avait été détruit, que cela soit sur le plan matériel ou immatériel. Un tsunami de Barbares, ça ne laisse plus rien derrière son passage.

Il n’y avait qu’une seule structure qui tenait la route, c’était l’Église. L’Église catholique qui s’était développée pour former des réseaux de solidarité, de telle sorte qu’au début du IVe siècle, les familles nobles romaines se sont engouffrées dans cette organisation.

C’est humain. Quand ça tangue, que c’est marécageux, boueux à souhait, un gars bien portant cherche le stable, le sec et avec du réseau. On aurait tous fait pareil.

Du jour au lendemain, ce qui était une petite TPE est devenu, sans opération marketing, sans spot de pub vu à la télé, sans pride spécial catho, sans subvention déguisée en pot-de-vin ou le contraire et sans fausse facture, une entreprise du CAC 40. Les évêques, à l’époque, d’artisans besogneux sont devenus chefs d’entreprise haut de gamme. Faut digérer la transition.

Tous ces changements ont impulsé une modification prodigieuse de l’Église. Cette Église du Christ, une Église d’esclaves, va d’un seul coup et en quelques décennies se transformer en une Église impériale avec un pape qui va reprendre le rôle de l’empereur romain. Pontifex maximus, le souverain pontife, celui qui fait des ponts avec le ciel, avec Dieu.

On change radicalement de cadre. On vire les soutanes en lin qui grattent le cuir, on les remplace par de la soie et on troque sa bagnole. L’apparence, c’est important. Un pauvre qui touche le RSA, tu l’habilles d’un costard qui le rend lumineux et tu lui donnes les clés d’un 4X4 Rover, déjà dans sa tête, il n’est plus pauvre. Alors imagine si en plus il a quelques caisses de lingots d’or planquées en banque et du patrimoine cadastré, c’est le roi du monde pontifex. Et il le sait.

Ce que tu dois retenir : l’Église s’impose par défaut comme structure matérielle, spirituelle et politique et prend son essor.

Jean-Luc Mordoh.

 

La semaine prochaine, le CHAPITRE 4.

An 476 Clovis, l’éclosion de la France et l’anti-communautarisme.

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