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CHAPITRE 5.

Posté par le dans DES GAULOIS A TON SMARTPHONE.
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An 800, l’empire de Charlemagne.

À la fin du VIIIe siècle, le chef franc Carolus Magnus, Charlemagne dit « le grand Charles » assemble sous son autorité une très vaste partie de l’Europe occidentale. Ce n’est pas toute l’Europe car l’Espagne est musulmane.

Pour rappel, les troupes musulmanes sont arrivées jusqu’à Poitiers et ont été battues en 732 par Charles le Frappeur, celui qui utilisait le marteau, Charles Martel. Un gars qui ne parlementait pas, voire jamais, le seul capable d’enrayer l’avancée des Sarrasins.

En cas de guerre, c’est le genre de type qu’il vaut mieux avoir près de soi que dans la tranchée d’en face. Charles Martel, dit « le Marteau-piqueur » connu pour son célèbre livre, « Maures à crédit ».

Au départ, l’histoire dit qu’il avait trouvé un système assez ingénieux pour stopper l’ennemi sans risquer la vie de ses hommes. Recouvrir de tranches de jambon toutes les routes arrivant à Poitiers et lancer, à l’aide de catapultes, des kilos de saucisson sur les garnisons des belligérants.

L’idée, géniale en elle-même, fut acceptée par le haut conseil des militaires de l’époque.

Un détail auquel les gradés n’avaient pas pensé, c’est que leurs soldats n’étaient pas du tout d’accord pour gâcher un trésor de charcutaille de Lyon, une provocation pour leurs papilles habituées au rata classique, une triste purée de pommes de terre lyophilisée et à peine salée. Alors jeter ce magot de cochonnaille, galantine et autres fromages de tête sur d’indigènes allergiques à la saucisse de Morteau, excusez du peu, mais c’est le meilleur moyen de démoraliser les troupes et de créer du déserteur en pagaille.

Devant la fronde de ses troupes, Charles Martel, dit « Charly la Mailloche », prit acte du souhait de ses fantassins, attrapa son marteau et avec ses fidèles, fans de charcuterie, alla casser du Maure et remettre deux trois choses en place au pays de Poitou-Charentes.

Charlemagne est travaillé au corps par ses conseillers alors que lui, simple roi, rêvait d’une retraite paisible à la Baule et de pêche aux bulots. Les plans de carrière, c’est comme les curriculums vitæ, ce n’est pas fait pour être respecté.

Ayant réuni sous sa coupe un vaste ensemble, hors îles Britanniques, Carolus Magnus décide de ressusciter le mythe de l’Empire en ce faisant nommer empereur et va pouvoir apparaître comme le rival de l’empereur byzantin qui lui, est toujours à Constantinople.

Charlemagne ne sait pas lire, pas écrire. Comme quoi, ne pas savoir lire Flaubert ni écrire une lettre de motivation sans faute n’empêchent pas de faire une belle carrière.

Il a des conseillers qui lui disent qu’il est le nouveau César et qu’il doit se faire couronner empereur. Il faut redorer ce titre disparu en 476 et c’est lui, maintenant, qui va en avoir la charge.

Charlemagne est séduit, mais comment faire pour donner à tout cela une certaine légitimité ? Parce que tu te doutes, mon lecteur concerné, on ne se désigne pas empereur comme ça, sur un coup de tête après avoir avalé son sandwich rillettes.

Empereur, ce n’est pas un statut Facebook, c’est plus complexe. Le pouvoir, cela ne se décrète pas, ça se conquiert. Les tractations ont abouti avec le pape de l’époque, Léon III, Charles Magnus décide de se faire couronner empereur à Rome. 

Deux visions s’imposent, celle du pape qui prétend lui-même descendre des empereurs de Rome suite à la pseudo-donation de Constantin. Il est installé à Rome, le Léon III, dans le palais du Latran, les ex-palais des empereurs romains, mais il est forcé de constater qu’il y a cette puissance politique naissante, celle de Charlemagne.

Tu peux difficilement faire l’impasse devant un gars qui a quasiment tout le continent et veut un titre et les goodies qui vont avec. D’où la négo.

Il va y avoir une répartition des rôles. Léon III propose de couronner empereur à Rome monsieur Magnus et de lui mettre la couronne sur la tête.

Parce que s’il ne met pas la couronne sur la caboche de l’élu, il sert à quoi le Léon ? À livrer des barquettes de sushis ? Cette mise en scène protocolaire et symbolique définit les rôles de telle sorte qu’il y aura deux sources de pouvoir.

Charlemagne sera un pouvoir civil, temporel et le pape sera un pouvoir spirituel ayant autorité sur Charlemagne puisque c’est Léon III qui le couronne. Tout le monde est content. À l’un la terre, à l’autre les âmes, et les impôts à payer au peuple. Toi et moi.

Le 25 décembre 800, le pape Léon III couronne Charlemagne à Saint-Pierre de Rome. On voit apparaître une alliance entre l’Église et l’Empire. L’Église voulant avoir un empire sur les âmes, un empire chrétien universel faisant alliance avec le puissant du moment.

Comme tu le sais, mon cher lecteur, encore faut-il que tu me lises, « Tout empire périra » et cela ne traîne pas.

Charlemagne a trois petits-enfants, trois petits-fils. L’histoire aurait été différente s’il n’en avait eu que deux. C’est toujours plus cosy de partager un gâteau en deux qu’en trois. En trois, ça complique, ça négocie, ça parlote, ça bonimente, ça jacasse, ça palabre, ça « bagoute » (un verbe créé rien que pour toi à partir du mot « bagou », tu m’inspires, mon lecteur, tu m’élèves) mais dans tous les cas, il y en aura un des trois qui ne sera pas très très content. Alors, qu’en deux, c’est tellement plus simple.

Ce que tu dois retenir, mon adoré de lecteur : c’est l’alliance entre l’Empire carolingien et l’Église, le partage des tâches entre les deux puissants, le temporel pour l’un, le spirituel pour l’autre.

Jean-Luc Mordoh.

 

La semaine prochaine, le chapitre 6.

An 843, l’indépendance d’Hugues Capet face au Saint Empire romain germanique.

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