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Amalgames déplacés

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Nous assistons une fois de plus à une flambée d’invectives et d’amalgames en rapport avec l’histoire des années 1940, cette fois non pas au sujet de l’immigration, mais du débat sur le mariage : « Hitler, antisémitisme, étoile rose… »

Cette exploitation à tout propos des heures les plus sombres de l’histoire, à des fins d’idéologie, de diabolisation de l’adversaire politique, voire tout simplement d’insulte, me semble bien être une spécialité française. Le meilleur moyen de se prémunir de cette tentation est tout simplement de se renseigner sur ce qui s’est passé à cette époque.

L’été dernier, par exemple, j’ai lu un livre exceptionnel que je recommande à tout le monde, celui d’un médecin français récemment décédé, Roger Perelman qui a vécu à 20 ans l’épouvante de l’antisémitisme, de la déportation et des camps de la mort : Une vie de juif sans importance – Robert Laffont, 2008 : « Dans Auschwitz : peu après notre entrée dans le camp, nous nous sommes entièrement déshabillés, abandonnant montres, bijoux […] Nous sommes aussitôt ressorti de cette sorte de vestiaire, et nous sommes restés dehors, complètement nus, plusieurs heures durant dans la nuit déjà très froide de Pologne. Le jour venait de se lever quand nous sommes allés prendre une douche, suivie du rasage complet de toute notre pilosité. C’est alors que les coiffeurs nous ont appris ce qui c’était passé, ce qui nous attendait : que les hommes ayant pris l’autre file avaient été gazés à Birkenau, puis brûlés dans des fours, probablement le jour même ; que la plupart des femmes et des enfants avaient eu le même sort ; que la quasi-totalité d’entre nous, si elle ne mourrait pas d’une autre façon, n’échapperait pas à ce destin cas il est rare de survivre […] L’épuisement physique extrême, la faim obsédante et obsessionnelle, la peur permanente des SS et des kapos, annihilaient tout ce qui fait un être humain : la vie intellectuelle, psychique, relationnelle. »

Il faudrait que les spécialistes de la récupération politicienne ou médiatique du nazisme puissent avoir la bonne idée, ne serait-ce qu’une fois dans leur vie, de se plonger dans ce témoignage ou tout autre de la même portée. C’est inévitable, ils perdraient à tout jamais la tentation d’exploiter la déportation et les camps de la mort à des fins idéologiques ou d'injure.

Les politiques de tout bord et les personnalités médiatiques devraient avoir la maturité, l’honnêteté intellectuelle, la décence par rapport aux victimes de sanctuariser et de protéger de la polémique tout ce qui touche à ce drame, peut-être le moment le plus terrible de l'histoire de l'humanité, et de cesser d’en faire un usage quotidien et passionnel, avec le danger insoutenable, à long terme, de la banalisation.

Maxime TANDONNET

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Mots clés: bien pensance mariage

Participant à cette conversation

  • Plus que déplacés... indécents !

    Le recours perpétuel, faute d'autres arguments, à l'époque du Nazisme et à ses exactions de la part de la gauche et, surtout, de la gauche communiste, finit par être une manière de faire croire que seule la droite en aurait été complice et sympathisante. Rappelons que, s'il y eut des communistes résistants de la première heure, nombre d'entre eux n'ont eu la révélation de devoir prendre les armes qu'au moment où la Mère Patrie fut attaquée par les forces du 3ème Reich, donc avec un léger retard à l'allumage.

    Pour ne pas quitter le domaine de l'antisémitisme, n'oublions pas que le régime communiste soviétique n'a pas eu beaucoup de leçons à recevoir d'Hitler et que les persécutions se sont allégrement poursuivies pendant un certain nombre de dizaines d'années et, ceci, dans l'indifférence la plus totale d'une certaine Place du Colonel Fabien.

    Il est bon, également, de garder présent à l'esprit qu'en France, par exemple, la moindre allusion à ces agissements se voyait, alors, considérée comme une vulgaire manifestation d'anticommunisme primaire et viscéral ne pouvant, donc, émaner que de la Vilaine Droite !

    Soixante dix ans de réécriture de l'Histoire finissent par autoriser bien des tours de passe-passe et quelques libertés avec les vérités au point de finir par les rendre admissibles à force d'être martelées.

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