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CHAPITRE 34.

Posté par le dans DES GAULOIS A TON SMARTPHONE.
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Ramener l’Empire à sa place.

L’Empire, les couillus du monde et nous. À première vue, ça pourrait gripper un peu, on est face à du championship in the monde dans le haut de gamme du world, de la crème « logotisée » avec un aigle tout aussi arrogant que celui des Romains.

Entre le "Nous avons marché sur la Lune" et maintenant "Nous marchons in your face", l’espace est restreint pour suggérer un changement de scénar.

Un empire s’exprime avec une massue alors que toi t’as juste ton couteau à beurre. Un déséquilibre qui risque de mettre fin aux doléances du petit venu réclamer un nouvel espace de liberté grand comme une biscotte. Sauf si la démarche de départ consistait à lui beurrer ses tartines. Dans ce cas-là, majordome de l’Empire, ça se respecte, c’est un choix de Gallo-Romain, il n’y a pas de sous-métier.

Mais ce n’est pas le destin de la France d’être le serveur du puissant.

Ce n’est pas si difficile de parler à l’Empire, faut juste viser "sniper" précis, la balle dans le cœur de l’émotion et on change le porteur de Stetson en un tsunami de larmes.

On détient, nous Français, une arme qu’aucun pays n’a dans le monde. On possède, nous les Frenchies, le pouvoir de leur parler là où ça fait mal. On dispose, nous les "fromageoles", le pouvoir de mettre le doigt là où ils vont se mettre à chialer comme des veuves éplorées ou faire la mine déconfite de gamins regrettant leur arrogance.

On va leur rappeler qui on est, nous, les affineurs de clacos, les vendangeurs de grands crus, les rois de la sape (les Italiens aussi), les kings du luxe, les œnologues divins (les Italiens encore), les cuistots célestes, les écrivains immortels, les inventeurs de la cuisse chantante de cabaret et les concepteurs du porte-jarretelles. 

On va les réveiller ces bouffeurs de chewing-gum et leur souffler à l’oreille qui s’est battu pour les USA des États-Unis d’Amérique of America. Nom de Dieu !

Et guy ! Yeah ! Toi, le Texan ! Oui, toi assis, toi là, enlève tes p’taing de bottes de mon bureau et écoute-moi, face de dollar. Je vais te rafraîchir ta mémoire dopée aux nuggets de poulet et te révéler qui est ton père, Luke.

La France s’engage dans la guerre d'indépendance américaine et malgré notre délicate situation financière, nous cherchons à prendre notre revanche sur la Grande-Bretagne et le traité de Paris de 1763. Taper de l’Anglais, c’est la "motive" de l’époque. Encore maintenant sur un stade.

Une rapide info sur ce traité. Le traité de Paris de 1763 met fin à la guerre de Sept Ans et réconcilie, après trois ans de négociations, la France et la Grande-Bretagne.

À cette occasion, il y aura un vaste marché entre les deux nations. Je te redonne ce pays, tu me rends ces îles, je reprends ce golfe, tu récupères ces presqu’îles, je te refile cette ville, je te reprends ces bourgades. Un grand marchandage à l’échelle du monde, toutes les régions des cinq continents sont concernées. C’est l’inventaire annuel et ambiance notariale.

La France entre en guerre en 1778. Notre entrée dans la place permet la victoire des insurgés et la France se réaffirme comme grande puissance moderne, satisfait son désir de revanche, récupère des territoires perdus, mais dégrade ses finances. On gagne, Texan, ça nous coûte bonbon et on ne te réclame rien. Pas même un cent. L’honneur, quoi, un truc de Français.

Les exploits tels que la décisive bataille de Yorktown ont un coût militaire faramineux dégradant sévèrement les finances fragiles de mon pays. Tu suis, Yankee ou il te faut un GPS ? On se saigne pour toi, alors quand je te parle, regarde-moi dans les yeux, oncle Sam.

Cette victoire, c’est la défaite, la bérézina, la fessée, la grosse claque, le direct du droit à la pointe du menton pour nos voisins anglais, cette radasse d’Albion. La vache, ça fait du bien.

Par contre, là où l’on n’a rien compris et où les Rosbifs, toujours la calculette en main et le taux de change dans la tête, ont été forts, très très forts, c’est que notre espoir commercial de devenir le premier partenaire des nouveaux États-Unis tombe à l’eau.

Tu choisis l’Anglais, celui qui te soumettait ! Je te sors de ta bouse et tu vas te faire ami-ami avec celui qui t’as mis la tronche dans le purin. Va comprendre quelque chose, toi. Va comprendre, bouffeur de burgers.

La Grande-Bretagne devenant immédiatement le partenaire officiel des USA, reste à la France la reconnaissance du peuple libéré, reconnaissance dont Rochambeau et La Fayette sont les brillants symboles. Mais les symboles ne font pas la santé économique d'un État mais gravent dans le marbre de la pensée et de l’Histoire, avec un hasch majuscule, les liens indéfectibles qui nous lient.

Tu piges comme on est liés, sombre bouffeur de ketchup ? Nous sommes plus qu’un cordon ombilical, nous sommes aussi ton placenta.

Un peu d’histoire sur les deux couillus de Frenchies qui t’ont libéré de la gelée de menthe pas fraîche et du fish and chips moisi.

Je te fais rapide un topo sur Rochambeau, crétin d’happy morning.

Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur de Rochambeau de son nom d’origine, du coup, on a gardé que la fin parce que l’on n’allait pas y passer la matinée à épeler son blaze. Y’en a qui bossent.

En juillet 1781, le roi de France Louis XV lui confie six mille hommes des troupes françaises contre les troupes britanniques pour aider les Ricains dirigés par George Washington. George Washington, ça te parle, l’Amerloque ?

Les deux armées lèvent alors le camp pour Yorktown. Elles font alors leur jonction avec les troupes américaines commandées par La Fayette. Un siège de plusieurs jours permet la victoire forçant Charles Cornwallis, l’autre Anglais de tête à claques, à lâcher prise le 19 octobre.

Cette victoire scelle la fin de la guerre révolutionnaire américaine et permet l'indépendance effective des États-Unis d'Amérique. French save America !

Lors de cette campagne, Rochambeau montra un excellent esprit, se plaçant entièrement sous le commandement de Washington et dirigeant ses troupes en tant qu'élément de l'armée américaine. Pour témoigner de sa gratitude, le Congrès le remercia, lui et ses troupes. Lors de son retour en France, il fut honoré par Louis XVI, qui lui décerna le cordon bleu et le fit gouverneur de Picardie et de l'Artois. Un minimum pour le Rochambeau. Pour le cordon bleu, ce n’est pas une distinction de cuistot, c’est une médaille de l’époque.

Alors, c’est pas du balèze Frenchie, ça, mon copain ?

Je continue ma glisse sur La Fayette, le deuxième super Dupont.

En 1780, La Fayette est chargé d'opérer en Virginie contre des forces quatre fois supérieures en nombre. La Fayette sacrifie encore une partie de sa fortune pour maintenir ses soldats sous ses ordres, et arrive par des marches forcées et des retours subits, à tellement fatiguer le Cornwallis, l’autre théière à gifles, que le général britannique est forcé de le considérer comme un adversaire redoutable.

T’as entendu ? C’est sa fortune qu’il a investie pour que tu sois indépendant. Sa thune, mec, son flouze, guy ! Sa caillasse, mon gars et je sais que ça te les touche, ça.

La Fayette fait sa jonction avec les troupes de George Washington et du comte de Rochambeau, le gonze dont je t’ai décrit plus haut au cordon bleu, pour se concentrer sur l'encerclement de Cornwallis à Yorktown. C’est grillé pour l’Anglais, carrément trop cuit. C'est ainsi que les alliés franco-américains remportent la victoire décisive de Yorktown le 17 octobre 1781.

La Fayette est fait citoyen d'honneur des États-Unis par le Congrès en 1781. Il rentre en France en 1782 et est promu maréchal de camp. De plus, mais il ne le saura pas, il y a une pléiade de boulevards, places et rues baptisés à son nom un peu partout en France, dont une à Paris toujours embouteillée.

Toi le Ricain, ton père, c’est moi, la France. Je peux même te dire que nous sommes aussi ta mère car on t’a accouché dans la douleur, mon fils, aux forceps. Respecte-moi, man, respecte les anciens qui ont fait de toi ce que tu es aujourd’hui.

Alors, avec tout ça, messieurs les mâchoires carrées et buveurs de lait, va juste falloir respecter votre histoire, nous en l'occurrence. Arrêter de nous prendre pour les charentaises dopées au Valium, éviter que vos "prez" posent nonchalamment leur main sur l’épaule des nôtres. On n’est pas dans une cour d’école protégée par les grands, non ? On se serre la poigne ou on se fait deux bises mais plus ce comportement de grand frère envers nous.

C’est clair, les gars ? That’s right, comme on dit dans vos campagnes. J’annonce la couleur, comme on va retrouver notre souveraineté, donc notre monnaie, ne soyez pas étonnés que l’on fasse comme vous. Si vous ne voulez pas de notre foie gras, on ne veut plus de votre viande de bœuf dopé à la créatine. Entre potes, on se comprend. Comme vous êtes intelligents et pas trop susceptibles, je suis sûr que l’on peut être de vrais grands amis. La bise à votre "prez".

Jean-Luc Mordoh.

 

La semaine prochaine, le CHAPITRE 35/36.
Deux trois trucs à huiler pour aller plus loin, plus vite et plus haut.

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