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CHAPITRE 31.

Posté par le dans DES GAULOIS A TON SMARTPHONE.
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La réalité les yeux grands ouverts : l’immigration hors Europe.

Le deuxième point, c’est l’immigration. Un sujet coton qui déclenche toutes les hystéries collectives sur le marché des peurs en kit. T’abordes le sujet que t’es déjà plongé dans le film L’Exorciste en train de te faire posséder par les diables de la bonne parole.

Depuis Clovis, je te le rappelle mon allogène de lecteur, la France est une construction politique, po-li-ti-que, pas une construction ethnique. Or depuis quarante ans, des vagues d’immigration venues hors d’Europe chamboulent des données que l’on croyait perpétuelles. Comme quoi, même le perpétuel a une date de péremption.

Avant 1960, à l’époque où la France était une destination de rêve, l’immigration venait d’Europe.

Le gars arrivait dans l’Hexagone, heureux de fouler la terre des droits de l’homme et du clacos bien fait, de découvrir cette culture millénaire et s’assimilait avec entrain. Il devenait français comme des milliers de générations avant lui en s’appropriant l’histoire de son nouveau pays. Mange français, parle français, habille-toi français, râle français, marie-toi français et meurs français...

Son histoire perso, ses racines et culture de ses aïeux, il la garde à titre privé dans le tiroir de sa commode. La plateforme culturelle européo-chrétienne a sûrement facilité les choses, en tout cas, personne ne manifestait son désir d’être reconnu en tant qu’autre. Pas d’ostentation revendicative, du discret ouaté.

En France, fait comme les Français. Chez toi, fais comme tu veux, tu es libre. Ceci se nomme l’assimilation, c’est une naissance, une nouvelle vie. Quelques fois, elle s’opère aux forceps, c’est même douloureux mais c’est une belle preuve d’amour envers son pays d’accueil.

Ensuite, l’immigré devenu français devient un référent naturel pour les nouveaux arrivants. Un exemple dont on s’inspire, à suivre, un repère.

L’assimilation est un concept français et très très peu de pays l’ont adopté.

Aujourd’hui, on joue plutôt sur le registre de l’intégration. Elle, c’est une autre histoire. Le gars arrive dans sa nouvelle contrée mais garde intactes ses traditions, sa culture, sa façon de manger, de s’habiller et sa langue, donc de penser.

Il apprend la langue du pays pour son travail, non pour la culture et ce qu’elle véhicule. Il pense dans sa langue d’origine et quand on sait que le langage est une vision du monde, on s'aperçoit très rapidement que l’intégration est un autre logiciel d’accueil pour les nouveaux arrivants.

Dans une logique d’intégration, on demande au nouvel immigrant de payer ses impôts et de respecter les lois en vigueur du pays. Du light, du strict minimum, une autre façon de s’insérer dans le tissu national. D’ailleurs, il ne s’insère pas, il s’y pose.

L’intégration, c’est le mode de pensée des Anglo-Saxons.

La nouvelle immigration des années 50, celle du Maghreb et d’Afrique noire francophone, aborde son établissement dans le pays d’accueil, la France, d’une façon radicalement différente que l’immigration européenne des années précédentes. C’est, entre autres, une population endogame, pas exogame.

L’endogamie, c’est une union à l’intérieur d’une même ethnie. Si tu ne trouves pas ta promise dans ta tribu, dans ta communauté, va commander ta femme au bled, fournisseur officiel.

La consanguinité à portée de mariage, c’est nouveau en France, c’est même révolutionnaire depuis mille cinq cents ans. Par contre, l’exogamie, c’est avec qui tu veux, comme Clovis l’avait imposé. Choisis hors de ton village, de l’exotique affriolant au classique valeur sûre, mais fais un choix hors cousin germain et arrière-tante par alliance.

Ensuite, cette nouvelle immigration a ramené, sans le vouloir, le fait religieux à l’intérieur de notre cité.

La France, heureuse de la loi de 1905 qui a remis à sa juste place la prédominance du pouvoir catholique, se trouve gênée de devoir accueillir en son sein des croyants aussi fervents. Ça dénote, après avoir fait la chasse au curé.

Aujourd’hui, les tenants de la laïcité n’hésitent pas à tirer sur l'ambulance « Église », c’est tellement facile qu’elle ne peut répondre, la pauvre. Elle encaisse en silence et souffre sans se plaindre. C’est peut-être sa façon de se rejouer perpétuellement le Golgotha dans le temps, va savoir.

Par contre, les lapidateurs de chrétiens évitent de viser le bus « islam » au nom du respect de la diversité. Et ce bus « islam » dévoile le vide abyssal de nos églises et, par déclinaison, de nos âmes. Les musulmans, en ne changeant pas d’un iota leurs pratiques spirituelles, révèlent et vivent leur relation verticale en opposition à notre vision horizontale. 

La spiritualité des musulmans affole les tenants d’une laïcité exclusive et tournée vers la chasse aux prêtres. Manque de pot, les imams remettent le couvert et rappellent qu’un pays, qu’une population, qu’une vie, à titre personnel, ne peut s’envisager sans spiritualité.

Là-dessus, ces nouveaux dévots tiennent du feu de Dieu à leurs prénoms. Tu ne verras jamais un Arabe s'appeler Jacques. Même pas en prénom composé comme Pierre-Karim ou Charles-Khaled. C’est pourtant beau, non ? Et un prénom, mon lecteur adulé, c’est porter une petite part du pays en toi. Ce n’est pas anodin un prénom, c’est un logo, ton logo, un tatouage audio, un condensé d’histoire répété tous les jours à ton attention.

Pour faire simple, le nouvel arrivant musulman pratique ce que l’autre, le chrétien, a abandonné depuis 1905. Le profane laïque a fait d’un progrès, sa fierté d’avoir rangé, voire abandonné sa spiritualité aux calendes grecques. Mais l’Européen de culture chrétienne sent bien que sa vision horizontale, ses buts consuméristes du plaisir, comme acheter une cuisine en trente-six mois ou un appart sur vingt ans, n’a pas du tout la même force ni le même sens qu’une relation verticale, celle qui défie le temps, l’espace, la matière. 

Je suis croyant, mon lecteur, donc je comprends beaucoup les pratiquants.

Comme si le musulman, par sa pratique, rappelle l’histoire de France et de la chrétienté, cette union céleste de mille cinq cents ans. Le divin reprend pied d’une façon un peu trop voyante et l’ostentatoire de la bigoterie est à portée de vue. Malaise dans la laïcité.

Mon cher lecteur qui me suit depuis un certain nombre de chapitres, je me dois de te citer trois personnes, trois pointures qui nous ont avertis, à leur façon, des grands axes ou réflexes acquis de cette population musulmane. Trois références pour confirmer mes propos, éviter de passer pour un baltringue et surtout pour démontrer à ceux qui s’insurgent d’une immigration à problèmes, que nous savions tous ce qui allait se passer aujourd’hui. Les références, y’a pas mieux.

Le premier est Charles de Foucault, un missionnaire. Il n’y a pas de sous-métier. Il a écrit une lettre en octobre 1917 à René Bazin de l’Académie française. L’Algérie est colonisée et bien évidemment, et sans faire injure à l’Église, les missionnaires s’en vont faire leur quota de conversions. L’Église, comme l’islam d’ailleurs, c’est comme une multinationale, toujours en recherche de parts de marché, de croissance externe et de nouveaux clients. 

Don’t forget the customer, mon gars.

Charles décrit et démontre très bien qu’il est impossible que les Algériens soient de véritables Français imprégnés d’histoire de France tout simplement parce qu’ils tiennent beaucoup trop à leur culture et, par ricochet, à leur religion. Sa lettre est poignante d’humanisme et de réalité. Il constate, il agrée et respecte les choix de cette population. Les seuls qui pourraient devenir Frenchies, selon Charly, sont les Kabyles. Les seuls qui font du bon vin, en passant.

Le deuxième est André Malraux. Il pressent le réveil du monde musulman et ses conséquences. Nous sommes en 1956 et dans ses notes sur l’islam, il fustige les Européens d’avoir une vision et une compréhension occidentale du monde musulman, une conception sur le mode « œillères ». Un défaut très européen de tout voir et comprendre d’une façon européenne. Comme s’il n’y avait qu’une seule paire de lunettes de disponible, qu’un seul logiciel acceptable. Un échec en devenir. Prémonitoire, le Malraux. Nous sommes aujourd’hui en plein réveil, du monde islamiste au simple musulman.

Le troisième, c’est Claude Lévi-Strauss en 1955, dans son livre "Tristes Tropiques" et son regard d’anthropologue. Il observe ce réflexe naturel des communautés musulmanes de se couper de l’autre, de celui qui ne fait pas partie de leur communauté spirituelle, la oumma. Une observation de scientifique qui appréhende le sujet sans idéologie partisane et amène beaucoup de réponses sur les incompréhensions entre Français et Français musulmans. Il réitère ses analyses en 2005, ce qui lui vaudra quelques attaques acerbes pour délit de réalité.

Aujourd’hui, la réalité n’est pas prise en compte à partir du moment où elle n’épouse pas la doxa officielle. C’est comme ça, faut s’y faire mais c’est loin d’être évident.

Ces trois-là ne sont pas trois potes avec qui je partage ma bière au comptoir du Cantalou  et qui, dès le premier gramme transgressé, ripaillent gaiement sur des théories « éthylo-politico-religieuses ». Ces trois pontes, Charles, André et Claude, ce sont trois lascars qui connaissent leur sujet, trois références dans leur domaine respectif. Du corpulent de la calotte et cinquième dan de la calebasse.

Ce fait sociologique est nouveau dans l’histoire de France, cette tendance à « l’ethnitisation ». Ces populations musulmanes, au regard du fabuleux récit de notre pays, n’ont aucune raison de ne pas s’y fondre, mais va falloir que l’on appréhende notre population autrement.

Parce que la France est forte et ça, mon gars, ne l’oublie pas.

Le problème, de la nouvelle immigration, diversité multi quelque chose, richesse, appelle ça comme tu veux, est accentué par nos partis politiques qui ne comprennent rien à rien à la sociologie et à l’histoire de notre pays. Cela devient pénible de constater que leur seul mode de pensée, pour faire plaisir à l’électeur, est de faire rentrer de force le monde dans leur grille de lecture idéologique. C’est leur grille qui prévaut, pas les faits. Mais la réalité, c’est le quidam qui la vit. Toi et moi. Pas la grille.

Mon lecteur apolitique, pour résumer ma bafouille d’essayiste du lundi au dimanche (fermé le samedi), la droite pense la France comme une image d’Épinal, figée dans ses valeurs, son histoire chrétienne et la République, celle dont elle a le mandat pour gouverner. Elle se sent d’ailleurs « résiduellement » propriétaire du pays, la fameuse France éternelle. C’est un peu vrai mais la France n’est pas un album de photos statiques mais un film en continu. D’où l’erreur de toutes les droites de nous vendre un présent qui ressemblerait au passé. Elle accepte les nouveaux immigrés hors d’Europe mais seulement pour nettoyer ses bureaux ou garder les parkings. L’immigré, force de travail pas chère, doit rester dans l’ombre.

La droite n’est jamais dans le présent, jamais. Elle avance à reculons en regardant son passé. Toutes les droites, de l'extrême à la plus molle ont peur du réel. Elles ne font que composer avec leurs fantasmes.

Tu comprends pourquoi on a la droite la plus bête du monde ?

La gauche, elle, fait le pari (et ce n’est malheureusement pas le seul) de créer une nouvelle France, plus ouverte, plus humaniste (encore faut-il s’entendre sur ce mot), plus colorée et efface consciemment l’histoire et sa population. Consciemment.

Une conception en phase avec sa vision internationaliste de ses idéaux en opposition totale avec l’État-nation. La France universelle de gauche rejette la France catholique, elle la hait. Peu importe les moyens pour aboutir à son but mais tout est bon pour perpétrer un éternel 1905, sans s’apercevoir qu’elle prépare le terrain à une autre spiritualité qui n’a pas l’intention de lâcher quoique ce soit. La gauche ne conserve que des séances choisies du film et refuse les photos jaunies de l’album France, sauf celles que l’on ressort à chaque anniversaire de la Commune de Paris à Jaurès et d’autres grands noms qu’elle se gargarise de citer avec force et fougue pour mieux valider sa générosité sans bornes et confirmer ses choix arbitraires et ses révisions idéologiquement totalitaires.

Notre gauche n’est pas bête, elle est dans l’hystérie idéologique. Ce qui est aussi dangereux que la bêtise de la droite.

Tu comprends pourquoi les gens ne se supportent plus, ne comprennent plus le présent et leur destin commun ? Avec ce nouveau théorème de la diversité, le Français installé de longue date en France est égal à une nécrose.

Ce que tu dois retenir, mon immigré : l’immigration, et plus spécifiquement l’islam, amène le fait religieux dans notre espace alors que l’on se gargarisait d’avoir éradiqué le bigot. Cela déstabilise notre définition de la laïcité, une vision mise à mal et dont personne n’est plus capable de donner une explication correcte et valable aujourd’hui. Sauf moi.

 

Jean-Luc Mordoh.

La semaine prochaine, le CHAPITRE 32/35

Innovation et clé de 21 (e siècle) - Que l’immigration redevienne fière d’être française

 
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