Mardi, Décembre 11, 2018
   
Taille

Recherche

Commentez... Participez...

Les commentaires sont libres et ouverts à tous mais, si vous souhaitez participer plus activement en proposant des articles qui, eux-mêmes, pourront lancer des réactions, c'est très simple, il vous suffit de cliquer sur le petit cadenas noir, à droite, pour créer votre compte.

CHAPITRE 27.

Posté par le dans DES GAULOIS A TON SMARTPHONE.
  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 6229
  • 0 commentaires
  • Signaler cet article

Mais où est-elle passée notre fierté, notre identité française ?

L’identité nationale, c’est le gros mot imprononçable, l’abject sémantique, le mariage scandaleux, l’explosif populiste, la nitroglycérine de l’humanisme républicain, l’épuration sans le dire, la fiente patriotique et l’insulte à la paix... Attends, faut que je reprenne ma respiration.

C’est aussi le scandale permanent, l’autre en ligne de mire, le nauséabond à portée de museau, le pari stupide de l’amoureux de son pays, l'exhibitionnisme de la pensée politique, le hooliganisme du « vivre ensemble », le chikungunya de l’européiste... Et je me retiens.

L’identité, c’est l’accumulation de siècles de pensées et de traditions spécifiques qui font qu’un pays se nomme la France. Définition applicable à d’autres contrées à drapeaux. Notre pays est le résultat de deux mille ans d’histoire en mouvement et tout le monde sait, le quidam moyen aussi et surtout, que l’Histoire est à un pays ce que le terroir est à une vigne. L’histoire, c’est un condensé de temps.

Nationale, elle, invite au nationalisme qui, lui, nous ramène à son cortège d’horreurs historiques. Ce n’est plus un cortège d’abominations, c’est une méga pride non-stop d’abjections, le carnaval de Rio des horreurs qui nous invite mécaniquement et sans anesthésie au national-socialisme du caporal Adolphe. Le bannissement du mot « nation » offre une victoire posthume et éternelle aux meurtriers de Jean Moulin, nous amputant d’une part de notre fierté et tuant pour la seconde fois ceux qui se sont battus pour ce drapeau bleu, blanc, rouge, des champs de la Somme au plateau des Glières.

D’ailleurs, je te propose un challenge, mon lecteur. Mets un drapeau français à ta fenêtre. Je te parie dix palots que dans le quart d’heure qui suit, ta vitre explose par des jets de pierres. Quand je pense qu’aux States, ils le mettent pour un simple barbec’. Autre mentalité.

Bon, je reprends ma bafouille, j’étais sur un mode grave et pénétré. Faut que je garde l’octave et que je titille la corde de l’émotion pour trouver la larme de la compassion.

L’homme, ce singulier de peuple, est un cep de vigne qui a besoin de temps, d’une terre, d’un roman national, de cet infini vertical pour donner le meilleur de lui-même et se construire avec l’héritage de ses aïeuls.

Franchement, elle n’est pas belle cette phrase ? À sortir en fin de repas devant ta Ginette avant d’aller la raccompagner chez elle et espérer qu’elle te propose un thé. Résultat garanti.

Cette macération des siècles, ce limon du temps travaillé et renouvelé à chaque génération par de nouveaux immigrés, de nouveaux citoyens, ce noble dépôt que l’on voit au fond de notre verre de vin, c’est cela l’identité nationale.

La vache ! Je perfore le mur du son patriotique, là.

Le terme de « patriote » est autorisé sous condition, mais celui de « national » totalement ostracisé. Et encore, « patriote » est une appellation que l’on sort les jours de fête du sport, ces grandes liesses populaires, ces messes d’athlètes où l’église se transfère au stade, son dernier espace de vie, de transcendance, d’élévation spirituelle.

À gorge déployée, le populo, le fidèle de la messe sportive, écharpe autour du cou aux couleurs de son appartenance, soutient l’espace de deux mi-temps, son équipe de France prête à jouer son futur sur une pelouse. Le stade est la nouvelle cathédrale du XXIe siècle, les joueurs en sont les apôtres, les supporters les croyants, et l’arbitre le prêtre officiant tout ce petit monde dans une ébullition mystico-sportive et télévisée. Le but, l’essai jusqu’à la victoire tiennent, eux, du miracle divin.

Que Ta volonté soit exaucée et le score élevé. Amen.

Mais être patriote tout court, cela devient gênant, voire incongru, limite « national » donc suspect. 

En 2009, le thème de l’identité nationale a créé beaucoup de polémiques dans les médias. Beaucoup trop. Le fait même de poser cette question a soulevé des boucliers de révulsion d’un côté et revivifié une appétence de l’autre, une occasion de revendiquer une culture millénaire, de redécouvrir une fierté d’être et une petite part de soi-même.

Non mais sans déconner, il n’y a pas que les Inuits, les Wolofs et les Lapons qui ont le droit de s’exciter sur leur culture, non ? Où qu’on va, là ?

Mais le débat fut mort-né du fait qu’une majorité de députés refusaient, par peur de choquer leur pré-carré d’électeurs, et surtout anesthésiés par le bien-être ankylosant et sécurisant du « politiquement correct », de se confronter à ce sujet brûlant. L’identité nationale, c’est de la polémique en fusion. Ça embrase.

Et puis c’est le genre de sujet où t’as plus à perdre qu’à gagner. Quand c’est ton tour, présente ton arrêt-maladie ou ta dispense de gym, ça vaut mieux car les coups vont pleuvoir.

Avorté avant même ses premiers pas par une IVG médiatique qui, au nom du « vivre ensemble », cette nouvelle concorde nationale, s’employait à faire échouer ce thème tabou. Coulé par la vindicte journalistique qui pointait d’un doigt accusateur et attaquait en meute l’inconscience et l’insolence d’une thématique imprégnée de vérités « qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire ».

Pilonné méthodiquement et avec une rare violence par les tenants de la diversité qui, par un paradoxe schizophrénique et une ambigüité d’appartenance ou pas, refusaient ce débat au peuple français tout en défendant la même thématique pour leurs ouailles, ceux du bled et du village imaginaire, cette richesse hors hexagonale, la vraie visiblement.

La France fut totalement exemptée du débat. Radiée pour cause de colonialisme aigu, fustigée pour la traite atlantique, exclue pour « vichychisme » patent et indélébile, excommuniée par les ténors des droits de l’autre et du remords perpétuel.

Étouffez ce débat que je ne saurais entendre.

Normalement, sur cette dernière salve, je dois passer pour un gros réac. Lecteur, ne t’inquiète pas. Je t’envoie mes potes Khaled et Salif qui t’expliqueront que c’est mon côté passionné qui me fait dire ce que normalement tu ne dois pas entendre. Ils te diront aussi que je suis un bon gars mais que le drapeau, t’es gentil, tu n’en fais pas une nappe devant moi.

Les décibels de l’indignation ont vaincu et les nouveaux actionnaires de l’histoire de France peuvent souffler de soulagement d’avoir pu éviter un 1793 de la liberté d’expression.

Le « politiquement correct » a gagné. Je me demande si je ne vais pas changer de camp pour toucher la médaille du mérite ? Je déconne.

Les effets pervers de cette cécité historique depuis quarante ans ont transformé insidieusement notre mémoire, notre passé en créance mémorielle. Créance devenue l’un des plus beaux placements du XXIe siècle pour l’arrivant. Celui qui vient et doit donner de lui, s’offrir au pays, se retrouve encouragé par l’intelligentsia de la compassion à réclamer un dû.

La mémoire, comme l’art, n’a pas de prix et tout vendeur de contrition le sait.

Vendeur de contrition, c’est pas mal, hein ? Je dépose à l’INPI.

Inversion des rôles, des valeurs, c’est le pays d’accueil qui doit faire l’effort. Si je t’invite à la casa pour se taper des bolognaises, n’oublie pas de me dire quel papier peint tu veux. D’où l’adage, le client est roi.

Pour tout le monde, on a tous deux bleds à défendre. Tous. Le premier, celui de nos grands-parents ou parents de là-bas, très loin, l’imaginaire exotique célébré en privé et le second, ici et maintenant, en France.

N’oublie jamais, mon fiston, le sol où tu poses tes pieds quotidiennement, celui qui te fait vivre, te compte parmi les siens, t’offre pension complète, résidence principale et études à la clé. Une chaumière, même si elle ne casse pas trois barres à une HLM, ça s’entretient, ça se bichonne et ça s’aime. Le chez-soi, c’est primordial.

« D’où vient-on ? », « Quelles sont nos valeurs ? », « Quelle est notre culture ? », « Qu’est-ce qui fait de nous un peuple ? », reviennent à la surface pour oxygéner cette perte de sens de notre époque, cette inconscience culturelle de se libérer de tout et de ne s’accrocher à rien, de cet affranchissement qui consiste à se débarrasser de son passé pour mieux s’émanciper pour un présent aléatoire et hors sol.

Avec une phrase comme celle-là, je suis prêt pour un 20 heures en prime time avec Pujadas.

Les gens sont très ignorants dans le domaine de l’histoire et en même temps très avides, voire aimantés, quand on aborde une époque où l’un de leurs aïeuls, perdu au fin fond d’un album photos est immortalisé sur du papier glacé et jauni.

L'aïeul ramène discrètement, au détour d’une conversation, son passé dans notre présent et fait partager ce que l’on avait oublié. Oublier son aïeul, c’est s’oublier un peu, c’est pour cela que connaître l’histoire de son pays permet de garder une ligne directrice, qu’elle soit culturelle, spirituelle ou temporelle.

J’ai trop vu la série La Sagesse du kung-fu quand j’étais en culottes courtes, en 1975. Il m’en reste encore un zest perdu dans mon cerveau que le Petit Scarabée, moi, buvait littéralement.

C’est pour cela que certains passages sont sentencieux et sur le mode « phrases à message ». Quand on a bu les conseils de maître Po, on lui ressemble.

Tiens, je vais t’en lâcher un, de conseil de maître Po : une pensée, c’est comme un sachet de thé, laisse-la infuser avant de la comprendre.

Pour finir ce chapitre, mon lecteur shaolin, si les aïeux de l’histoire de France ne sont pas les tiens, ils le deviennent obligatoirement car ils sont les anciens de nos archives, de tes archives, celles où tu t’inscris.

Ce que tu dois retenir, mon très cher : d’où que tu viennes, tu es l’héritier et le garant de l’héritage des anciens de ce pays, le tien maintenant. Alors, déraille pas.

Jean-Luc Mordoh.

 

La semaine prochaine, le CHAPITRE 28.

Notre petit monde d’avant dans le mixeur de la technologie

Notez cet article:
2
  • Aucun commentaire trouvé

Ajouter vos commentaires

LECTEUR ANONYME ( INVITE )

0 / 3000 Restriction des caractères
Votre texte doit contenir entre 10 et 3000 caractères
conditions d'utilisation.

Connexion