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CHAPITRE 23.

Posté par le dans DES GAULOIS A TON SMARTPHONE.
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Années 1940-1946, la période hors République, nouvelle trahison de nos dirigeants.

Un nouvel empire apparaît et l’Histoire se remet à balbutier. Cet empire, le IIIe Reich allemand, prend à son tour l’héraldique de l’aigle et asservit la France et l’Europe.

À l’époque, tous les fonctionnaires, tous les conseillers d’État, de gauche comme de droite, tous les notables ont misé sur l’homme fort du moment, celui qui se soumettait au IIIe Reich, le maréchal Pétain.

La IIIe République disparaît corps et âme en 1940 au profit de l’État français sous tutelle de l’Empire allemand.

Terminée la République française, place à l’État français. Ce nouveau régime change de drapeau, il garde le bleu, blanc, rouge mais y intègre la francisque sur le fond blanc. C’est l’héraldique du maréchal avec le bleu azur et les étoiles d’or.

Encore de l’azur, encore de l’or, encore et encore...

Mon lecteur bon et bien-aimé, as-tu remarqué cette constance de ce bleu azur et de cet or qui reviennent à toutes les époques, comme si c’était décidément une héraldique maudite. Comme si à chaque fois que la France perd son indépendance, il fallait toujours qu’il y ait du bleu et des fleurs de lys ou abeilles d’or qui apparaissent et lui confirment sa perte de souveraineté. Étonnant ce signe de l’Histoire, non ?

À l’époque, Pétain demandait à de jeunes Français de s’engager dans des troupes spécifiques, la Légion des Volontaires Français, la LVF. Voici ce qui était écrit sur les affiches de l’époque : 

"Vous entrez les premiers dans la grande famille européenne. En participant à cette croisade dont l’Allemagne a prit la tête, vous contribuez à écarter de nous le péril bolchevique. C’est votre pays que vous protégez ainsi, en sauvant l’Europe réconciliée."

Mon lecteur libre et authentique, le jour où tu tombes sur un pétainiste convaincu, envoie-lui cette phrase en recommandé avec accusé de réception, et souligne lui au stabilo la croisade dont l’Allemagne a pris la tête. Ça calme tout de suite le débat.

César devait rédiger les mêmes messages à l’attention des Gallo-Romains.

C’est souvent pour l’Europe unie, comme au temps de la Révolution française, que certains de nos dirigeants préfèreront toujours l’Europe à la liberté et à l’indépendance de la France. C’est chronique comme mal français.

Tu connais la suite, le général de Gaulle dit « London Charly » annonce, le 18 juin 1940 :

"La France doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Quoiqu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre. Et ne s’éteindra pas."

C’est exactement la même réaction du Vercingétorix mille neuf cent quatre-vingt-dix ans plus tôt mais pas avec le même happy end.

Il disait aussi le grand Charles en exil : 

"Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté dans le monde."

C’est beau, non ? O.K., je consens que se prendre pour la lumière du monde, c’est un peu présomptueux, mais ça a de la classe.

Qui a rallié la France libre et a rejoint le général ? Le réseau Manouchian, des juifs, des Italiens, des Polonais et beaucoup d’hommes de l’Action française de Charles Mauras.

À cette occasion, dans une scène relatée dans une bibliographie de De Gaulle où étaient réunis juifs et membres de l’Action française, des antinomies dans le bureau de Londres du général, le ton monta très haut entre les protagonistes, trop haut à cause de la tournure des débats, ce qui énerva le Général. Il demanda à tout ce petit monde de sortir de son bureau. Charles a des principes, on ne hausse pas la voix dans son espace.

Le premier haut fonctionnaire à avoir rallié la France libre, c’est un noir, Félix Éboué d’origine guyanaise dont les ancêtres étaient esclaves. Madame Taubira, notre ministre de la Justice de 2013, devrait s’inspirer de ce grand défenseur de la France, elle qui est en recherche perpétuelle de diversité et qui a milité, il n’y a pas si longtemps, pour une Guyane indépendante.

De Gaulle était seul ce 18 juin 1940 et 95 % des Français était derrière le maréchal Pétain. Comme au temps de la guerre des Gaules, certains Français préfèrent finasser, jouer sur tous les tableaux, collaborer.

Néanmoins, cela me fait toujours sourire les appellations de gaullistes des années 2000, mon lecteur londonien. À les écouter, c’était une évidence de partir à Londres. Tu crois que c’était facile, toi, de choisir son camp à l’époque ?

Tiens, je te mets en situation, juste un jeu de rôle : t’es marié, amoureux de ta femme, t’as deux gosses en bas âge et un job qui nourrit tout ton petit monde. Tu fais quoi ? Tu rejoins Charly à Soho ? Et la marmaille, tu la laisses aux Schleus ? Et ta femme ? Tu lui demandes de rejoindre sa mère ?

Être gaulliste aujourd’hui, c’est s’imaginer en héros pendant une occupation que l’on n’a pas vécue. Voilà, c’est dit et ça va mieux.

L’État français du maréchal Pétain meurt et la République française reprend ses droits.

Ce que tu dois retenir, mon lecteur maquisard : être français, ce n’est pas évident. C’est hésiter à se soumettre à l’empire du moment au nom d’une prétendue fatalité ou au contraire lui résister au nom d’une France éternelle.

Jean-Luc Mordoh.

 

La semaine prochaine, le CHAPITRE 24.

Années 1946-1958 - La IVe République, reconstruction et développement économique.

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